Il devrait faire de beaux dégâts
[Video] Bodega Bamz - Navy
Représentative du melting-pot américain, la ville de New-York cache encore bien des mystères au pied de ses géants de béton. Parmi eux, Bodega Bamz : originaire du Harlem hispanique et issu d’une famille sud-américaine, il a fait ses classes à l’Église Pentecôtiste du coin de sa rue où il était pasteur et participait également aux pièces de théâtre. Deux facettes de sa personnalité qu’il exprime quotidiennement, d’abord parce que sa musique est très influencée par ses croyances religieuses, et deuxièmement parce qu’il est le premier rappeur à se projeter dans une dizaine d’années avec, pourquoi pas, un Oscar au-dessus de sa cheminée.
« Je ne vais plus à l’église. J’ai toujours une connexion spirituelle avec Dieu. J’ai le sentiment d’avoir besoin de toujours l’incorporer dans ma musique. Mais je ne suis plus dans la religion parce que c’est artificiel. »
Bercé par les chansons de Michael Jackson et la musique de Beethoven qu’il aura dévorée à l’École d’Arts de Harlem, il se prend d’affection avec le rap au lycée avec les fameux battles. Ne participant à ces dernières que pour attirer l’attention des filles, il avoue lui-même qu’il n’était pas bon du tout à l’époque. « Je me rappelle, j’étais dans un battle contre un camarade de classe et j’ai commencé à sortir des lyrics de Biggie, sans qu’il ne se doute de rien. »
Son frère Ohla et le Tanboys Movement
C’est avec la naissance de son fils et en étant aux côtés de ses collègues du mouvement Tanboys qu’il a décidé de prendre la musique au sérieux. Pour Bamz, il était temps de devenir lucratif, lui qui a connu les nuits dans la rue aux côtés de son petit frère Ohla après que son père les ait viré de leur domicile. Il décrit son frère comme le Stanley Kubrick du rap, c’est également un homme aux multiples rôles et talents.
« On se faisait taxer des sommes ridicules pour des sessions studio, alors il a pris sur lui et a décidé d’être mon ingénieur. On ne voulait pas shooter de vidéos pour moi, alors il est devenu mon réalisateur. Il a tout appris de lui-même. Il n’est pas allé dans une école d’ingénieur son. Non, Ohla est devenu un ingé par défaut parce qu’il devait être le mien. On vit toujours ensemble, c’est mon manager et mon photographe. »
Le moins que l’on puisse dire de la culture latino dans le hip-hop, c’est qu’elle n’a pas bénéficié d’une large exposition au sein de l’industrie musicale : mis à part Big Pun, Fat Joe et Noreaga, elle est très peu représentée de manière qualitative, oubliez donc les Pitbull et compagnies. Là est la raison d’être du Tanboys Movement. Se partageant les scènes new-yorkaises aux côtés des collectifs locaux, ils n’hésitent pas à multiplier les collaborations avec ces derniers, allant du A$AP Mob avec les « Say Amen » et « Told Ya » aux Flatbush Zombies avec le morceau « Thrilla ».
Ci-dessous, on vous propose d’ouvrir paupières et oreilles pour la dernière pépite sortie cette nuit, intitulée « Navy » :
Téléchargez la mixtape STRICTLY 4 MY P.A.P.I.Z en cliquant ici.





