Vers un VEVOgate ?
[US] Des artistes sanctionnées par YouTube
Vous avez surement entendu parler de cette affaire de vues trafiquées sur les chaînes YouTube de nombreux artistes affiliés aux groupes Universal Music, Sony BMG et RCA Records. En effet, YouTube a récemment purgé son site de plus de deux milliards de vues falsifiées, ces chiffres étant répartis sur environ vingt mille vidéos. Comme le montrent ces images issues d’un article de ReadWrite, vous pouvez voir que les statistiques de certaines vidéos indiquent des dizaines voire des centaines de millions de vues en moins d’une journée. Observez les pics de croissance sur ces différents graphiques.
Pourquoi une telle mise en scène ?
Certains de ces morceaux sont sortis bien avant la création de VEVO - en décembre 2009 -, la société qui centralise la distribution audiovisuelle sur le circuit de YouTube. C’est le cas de « Toxic » de Britney Spears sorti en 2004 et également de « Heartless » de Kanye West sorti en 2008. Autre exemple de fraude, le fameux hit « Just Dance » de Lady Gaga datant de 2008 a été mis en ligne bien après avoir fait le tour des radios, télévisions et être sorti des charts. Pourtant, plusieurs semaines après être apparu sur le site sans dépasser les deux millions de vues, le morceau se retrouve à flirter avec la centaine de millions en l’espace de quelques jours.
Le fait est qu’avant son grand remaniement en décembre dernier, YouTube privilégiait le nombre de vues lors du calcul de la pertinence des résultats des recherches. Une équation qui n’allait pas forcément dans le sens des différents labels de musique puisque la raison d’être de VEVO est de centraliser l’information : à l’heure actuelle, VEVO se charge de distribuer les différentes œuvres audiovisuelles des artistes signés sur les maisons de disques Universal, Sony et EMI. Un grand nombre de vues étant considéré comme une certaine crédibilité par le moteur de recherche, l’idée est également de se servir de ces vues comme d’une base pour ainsi diriger l’audience vers des vidéos officielles. Deuxième point, ces vidéos officielles sont monétisées. Ces dernières se doivent donc d’apparaître dans les premiers résultats, dans le but de récolter le maximum de vues et donc l’argent qui va avec. Et comme dans tout cadre dans lequel la publicité est présente, les bonus fluctuent en fonction de l’audience.
Autre information en rapport avec le sujet, la société Google - qui détient déjà YouTube depuis 2006 - a récemment fait part de ses intentions d’investir dans VEVO, une prise de position qui témoigne de l’intérêt grandissant de la société pour le contenu vidéo. Selon le quotidien américain The Guardian, cet investissement serait d’environ cinquante millions d’euros.
Sources : TheGuardian, ReadWrite, NME & DailyDot





