L'album qui suscite la polémique
[Review] Soulkast - Honoris Causa
«Qui peut se vanter d’avoir posé avec autant de légendes ?», là¢che fièrement Soulkast sur «Ride With Us». Sur ce point, difficile d’entrer en contradiction avec le lillois. Honoris Causa, c’est l’album de tous les rêves. En réunissant les idoles de sa jeunesse, ce MC, fou amoureux des 90′s, a réussi une première dans l’histoire du rap français. N’en déplaise à ses détracteurs qui lui reprochent d’avoir cassé sa tirelire pour se payer une dream team qui, à n’en point douter, fait baver un paquet de backpackers entre Paris et New York. Une question ouvre alors le débat : doit-on avoir une légitimité particulière pour s’autoriser ce type d’album ?
La controverse
A première vue, le casting d‘Honoris Causa attise la curiosité du tout venant. Premo qui compose pour un frenchie, qui plus est inconnu, ça ne s’était pas vu depuis»¦ ah ben non, ça ne s’était jamais vu. Ce qu’il faut savoir, c’est qu’avant d’obtenir un beat - exceptionnel »“ de l’ex-moitié de Gangstarr, Soulkast avait enregistré une palanquée de morceaux. Onyx, Das EFX, Talib Kweli ou encore Ghostface Killah avaient déjà croisé le mic avec l’ancien membre de Da Hypnotik (binôme lillois révélé au Printemps de Bourges à l’aulne des années 2000). Mais tout cela n’est que la partie immergée de l’iceberg. Le déchainement médiatique (toutes proportions gardées), le vrai, survient quand le MC là¢che sa fameuse «Première Salve» sur Internet. Le buzz est immédiat. En quelques mois, le clip tourne en boucle sur le blog officiel de DJ Premier et suscite, en France, une vague de critiques dont certaines dépassent le stade de l’entendement. Un fossé se crée entre les pro-Soulkast, qui perçoivent cette démarche comme un hommage admirable au «real hip-hop», et les quelques dissidents qui lynchent purement et simplement le rappeur. Au milieu des invectives et des débats passionnés, est-il possible d’avoir un avis constructif et un peu plus objectif ?
La maxime latine à l’épreuve des faits
Avec ce titre, Honoris Causa, le MC du Nord compte avant tout livrer un album de passionné. Nourri pendant des années au boom-bap new-yorkais et aux flows lestes de Bone Thugs-N-Harmony, Soulkast tenait à réaliser un rêve d’adolescent. Pour l’occasion, se dresse devant nous un gratin impressionnant : Ghostface, DJ Premier, Das EFX, Bone Thugs, Talib Kweli, Onyx, M.O.P., sans oublier les français IAM, Medine, Kery James épaulés par Brahi, Eklips et Stefan Filey. De quoi transformer tous les b-boys de la planète hip-hop en chien de Pavlov. L’opus s’inscrit alors dans un hommage appuyé aux 90′s à travers une liste éprouvante d’éloges discographiques sans verser dans le passéisme larmoyant. « 5(9)4 », « Première Salve », « Ready For War », autant de morceaux qui déboulent dans nos oreilles avec une énergie communicative. Les anciens là¢chent des performances honnêtes servies par des productions qui se fondent parfaitement dans l’esprit du projet. Ainsi, la terre se met à trembler lorsque le duo de Brownsville, sourire carnassier aux lèvres, pose ses verses rageurs sur « International ». Même son de cloche sur « We Live Hip-Hop » auquel les vieilles gloires de Das EFX que l’on croyait enterrées, injectent un supplément d’à¢me à cette ode musicale.
Au cŒur de ce magma explosif et devant tant d’exaltation, Soulkast peine malheureusement à convaincre son auditoire. Le name-dropping n’aidant pas, le lillois fait état de carences techniques criantes difficilement masquées par un fast flow intarissable et éprouvant. Mis rudement à l’épreuve par de bons découpeurs comme Akhenaton (« Honoris Causa ») ou Medine (« Retour Au Classik »), Soulkast paie le prix fort au risque de lasser l’écoute à l’inverse d’un Brahi.
Evènement indiscutable de l’année 2011, la sortie d’Honoris Causa n’a pas fini de faire couler l’encre. Toujours est-il que l’album reste unique de par son concept et sa finalité. Que l’on ne s’y méprenne pas, cet opus, malgré ses quelques défauts, assume un « jusqu’au-boutisme » honnête et méritant qui fait de lui un album de passionné avec tous les défauts que cela comporte.
Co-écrit par Esco & CrazyHorus





« les quelques dissidents qui lynchent purement et simplement le rappeur »
Ca etait bien plus que « quelques » malheureusement pour Soulkast. Bref pour faire court, je respect le fond mais n’est pas du tout kiffe la forme….
2/5
Pareil que bboy, par contre dsl les mecs, votre note est complètement hypocrite car ça ne mérite pas la moyenne objectivement. Que sur la forme, on puisse concevoir le mérite du projet et de son ambition passe, par contre, sur le fond, on est au niveau zéro et un album ne se porte pas par ses feats mais par soi. Que l’on pointe du doigt le lynchage exagéré du gars est une chose mais dans ce cas il ne faut pas passer d’un extrême à l’autre (surtout que la chro ne reflète pas la note). Ou alors vous notez la version instru
La chronique étant co-écrite le jugement est un peu biaisé ce qui explique la différence entre la note et la chronique. Pour rentrer dans les détails, Esco s’est chargé de la première partie et moi de la deuxième, ce qui n’était pas prévu au départ. Mais en raison de soucis techniques on a dû s’arranger comme ça. Pour la note c’est une moyenne établie au sein de la rédac’. Mais je suis d’accord avec toi quand tu dis qu’un album ne se défend pas uniquement sur les feats, c’est avant tout un travail et une performance perso. Voilà pour les détails