‎"Skrillex Uses Satanic and Homosexual Influence to Win Grammys..."

Quand les USA ont voulu inventer le dubstep…

Préambule

Pour le plus grand nombre d’entre nous, le premier contact avec le dubstep se fait à notre insu en voyant notre téléphone se mettre à vibrer frénétiquement alors que personne ne cherche à nous joindre…
Damn, c’est juste le speaker qui est trop près et qui transforme tout en vibromasseur !
Une fréquence aussi basse que la grammaire d’un La Fouine et un rythme au ralenti sont 2 ingrédients essentiels de ce que l’on appelle le dubstep, nouveau phénomène sonore pour les uns, vieux courant musical pour les autres.
Alors que de l’autre côté de l’Atlantique des têtes connues telles que Britney Spears et Rihanna viennent d’en implanter dans leurs travaux récents (on dit même que le jeune imberbe Bieber préparerait son propre dubstep-album) comment ce courant est-il arrivé jusqu’à eux ? Au départ, comme toutes ces inventions majeurs de notre époque que sont le godemichet électrique où le smartphone, tout est parti d’un hasard. On imagine facilement ce jeune étudiant anglais enfermé dans sa cave, entrain de triturer les faders de sa platine pour faire vaciller les fréquences d’une bonne vieille dub UK, lorsque qu’il est soudainement pris de violents spasmes articulaires et de vomissements le laissant presque mort. Mais que c’est-il passé ?

La réponse : Alors qu’il venait de s’ébouillanter avec son Earl Grey, son doigt a rippé et a fait basculer le bpm tout proche des 70 alors que le pitch s’est vu baisser au maximum… le dubstep était enfin né et n’allait pas arrêter de faire des jaloux…

Partie 1. Les Origine : « Put a bit of Dub in your Step »

Le Dubstep a été enfanté dans la douleur dans la région de Londres (on peut même dire au sud grâce à google maps) dans le vieux royaume alors que l’âge d’or du hip-hop arrivait à terme (1995-2000). Même si on ne pourra jamais vraiment savoir qui a donné un peu de sa semence pour mettre au monde une fréquence aussi basse, on connaît au moins les cousins éloignés de l’enfant prodige : Se cherchant encore une identité sexuelle le petit « dubstep » n’a pas hésité à emprunter autant à sa sista l’IDM qu’au petit nouveau le Grime ; mais tout le monde sait qu’en secret il a été influencé par beaucoup plus de monde comme le dancehall ou le hip-hop.

Longtemps campé à épuiser les clubbeurs les plus hardcore de Londres, le petit dubstep a finalement accédé au statut de « mainstream » en 2006 pour la sortie du premier effort d’Oliver Jones aka Skream. Depuis cette année, les DJ’s dubstep n’ont cessé de s’émanciper et de prendre du galon pour finalement passer de set privés dans leur quartier natal à des orgies collectives dans les sous-sols du fameux club Fabric !

Et une fois la Grande Bretagne à ses pieds, le dubstep a envahi l’Europe et s’apprête à mettre son zodiac à flot pour traverser l’Atlantique.

Partie 2. « Good Morning USA »

Mais quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’une fois débarqué il a aperçu tous ces teenagers en plein headbanging collectif, tous ralliés à la cause d’un jeune emo-kid au tarin proéminent portant le doux nom de Skrillex

A coup de drop(s) forgés à la tronçonneuse, le dubstep constate avec effroi que son art vient de se faire entièrement pillé par des post-ado en mal d’inspiration. Le pauvre petit dubstep venait de se faire coiffer au poteau non pas par des musiciens plus précoces, mais par le marketing. Et ça doit faire tout drôle en tant qu’innovation, de se faire doubler par Audy, Best Buy et BMW… Et oui, alors que le dubstep n’a pas encore posé un pied sur le nouveau monde, son impact, lui, est déjà en train de sucer sa sucrette sur une plage californienne et la publicité a déjà récupéré le phénomène pour l’ancrer dans la culture populaire. Le dubstep était devenu à la mode, au même titre que la techno et la machina en leur temps… pourvu qu’il n’ait pas le même enterrement…

Partie 3. La naissance du Brostep

C’est que les organisateurs de concerts américains (style Steez Promo) ont vite senti le bon filon : un nouveau genre musical qui se nourrit de tout ce qui s’est fait avant en terme d’électronique, avec assez de rythme pour faire danser (car oui, le dubstep c’est aussi une danse. Demandez à Thom Yorke !) c’est le carton assuré. Il n’y plus qu’à insuffler 2, 3 éléments d’électro club populaire, style DJ, tatouages, piercings, artwork tendancieux, pour rendre le paquet cadeau attractif à la jeunesse du monde, et le tour est joué !

Mais quand on rajoute des artifices à une relique, forcément, il faut s’attendre à ce que du monde ne soit pas content. C’est comme ça qu’une large majorité d’auditeurs de la première heure a commencé à se détacher du dubstep avec l’émergence de DJ « hype » comme Datsik, Flux Pavillon, Borgore, ou plus récemment Skrillex et Klaypex et en est venue à baptiser ce mouvement « en BROSTEP » qu’elle ne juge pas musical, mais perverti par le marketing et la mode.

Et le phénomène se révèle en pleine propagation puisque le milieu hip-hop US, lui aussi, ne cache pas son intérêt pour le petit nouveau. De DJ Muggs qui prépare actuellement son prochain LP Bass for your Face (entièrement dubstep) à B.o.B. qui semble prêt à lâcher sa gratte contre une Vestax, la frontière des 2 genres qui était déjà très proche (Hip-Hop et Dubstep) ne fait que se resserrer.

Partie 4. Qui reprendra du dessert ?

En gros, dès que le son barbouille un peu trop l’auditeur en rentrant dans un cisaillement intensif à base de wobble fort en calories, vous pouvez estampiller ça en BROSTEP ! Et on le trouve absolument partout aujourd’hui, dans les pubs,

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dans les séries TV (UK au départ, internationale à l’arrivée),

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et même dans les dessins animés.

Ce style de Dubstep à fort penchant marketing est devenu en l’espace de 5 ans le principal élément de rassemblement pour toute une partie de la jeunesse américaine, et c’est cette «appropriation» par une la population qui vient se heurter aux puristes.

Et dans toute consommation de masse (c’est le terme qui vaut quand on parle de dubstep) il y aura toujours 2 écoles, les haters subculturalists de la première heure qui se bornent à penser à sens unique et à emprisonner le dubstep dans un genre « roi », et au contraire, ceux qui acceptent cette mass-marketisation en y voyant le découlement naturel de tout art qui devient populaire, comme le Rock’n Roll en son temps qui avant d’être considéré comme un mouvement musical, protestataire et culturel était, soit disant, réservé aux adorateurs de Satan…

Un Commentaire
  1. LN le 16 mai 2012 à 10 h 38 min

    Article sympa, mais que S’est-il passé (fin du préambule)
    Arf… ce genre de fautes a tendance à decribiliser :/