« Fashion kids on their fashion shit tonight »
Nobody puts Lyla in a corner #1 – Vogue Fashion Night
Tout comme le Grand Journal, Neo Boto fait sa rentrée des classes avec du sang neuf dans le crew. Et parce qu’il manquait des oestrogènes dans les rangs, j’arrive en force, aussi bonne et encore plus drôle que leur nouvelle Miss Météo. Non, je ne vous ferai pas découvrir le dernier it-bag de la saison, ni comment être swaggé cet hiver. Moi j’enfile plutôt mon sac à dos à la Dora et je vous amène au gré de mes tribulations urbaines.

Vogue, le magazine qu’on ne présente plus, organisait pour la 4ème année consécutive sa Vogue Fashion Night Out aka la soirée mode à ne pas manquer… pour vous et moi, autrement dit ceux qui n’ont pas le privilège de recevoir leur sésame pour la Fashion Week.
Le jour J, curieuse et jouasse, moi moi moi et mes pinecos – comme dirait Yelle – commençons à arpenter la rue du Faubourg Saint-Honoré, si tu sais là où y a Colette. Je passe devant les premières vitrines co-brandées Vogue et me voilà aspirée dans le monde où un sac à main coûte le salaire mensuel de ton père. Tu n’oses même pas rentrer. J’ai croisé des paires de jambes aussi imposantes que mes bras, des stilettos à gogo et une quantité de paillettes que seul un aveugle pourrait supporter.
En flânant dans cette rue peuplée de gens beaux jeunes et riches, tu te sens pousser des ailes et t’as vite fait de te prendre pour Julia Roberts dans Pretty Woman. Sauf que toi, bah t’as pas la gold master card de Richard. Et honnêtement mon combo talons hauts petite jupette n’a pas fait artifice longtemps. Parce que oui, quand tu portes du H&M ça se voit et tu n’as pas grand chose à faire dans ce genre d’endroit.
Rapidement, deux catégories de personnes se démarquent … J’ai facilement reconnu celle des vrais clients et ensuite il y a une catégorie que j’appellerai… pas. C’est juste un mix entre amateurs de mode et wannabe rich for the night. Je m’attarderais plus particulièrement sur cette dernière.
Oui, j’ai souvent les oreilles qui trainent et parfois de vraies pépites s’y glissent. La toute première, c’était devant la boutique Kenzo quand un des fans d’Emmanuelle Alt la reconnaît. « Han, mais y a Emmanuelle AULTE ! ». Pourtant, je vous assure qu’il était français. Il représentait à merveille le passionné de mode du dimanche, mais bon au moins il a su la reconnaitre. On le pardonne à moitié.
Les filles, sachez le, il est temps de ressortir votre cerceau du grenier, la tendance est au hoolahoop. Un show so 90’s chez Kenzo avec une Marawa bouillante, prête à shaker son booty pour donner le tournis aux badots – et au cerceau (jeu de mot Ramucho) – salivant devant son perfect body. Kenzo depuis un moment fait bien des efforts pour nous plaire, et franchement ça marche plutôt bien. Je vous montre les Vans parce que je suis gentille, mais je préfère tout de même leurs chemises à motifs et leurs paires de chaussures. Etant le premier magasin dans lequel on met les pieds, on essaye de comprendre comment ça marche. Un bon pour une boisson. Sauf qu’une fois au bar… ben y a tout le monde au bar. J’ai largement préféré m’aventurer dans les rayons du magasin, vides.
En sortant, chacun a le droit a un bon pour un Starbucks, trop de monde, on file donc chez Colette, trop de monde. Finalement, on réussit à entrer chez American Apparel. Pop Corn, barbe à papa, barbus et jupes hybrides, mi-longues mi-courtes. Le point fort de cette Vogue Fashion Night, c’est le changement de quartier (avec plus d’enseignes et surtout plus adapté à nous, les jeunes. Du coup, j’ai croisé aussi bien des vieux, que des ados pré-pubères heureux de se faire photographier pour leur style tout droit sorti d’un tumblr. J’en ai conclu que le photographe ne connaissait pas Chatelet.
Côté backstage, le manège est tout aussi amusant. En réalité, tu assistes à un jeu de rôle des plus cocasses. J’imagine le brief dans la boutique Givenchy le matin : « Les mecs, ce soir vous savez que la plupart vont nous demander de voir le tee-shirt Rottweiler, rien d’autre. Soyez patients, servez leur une coupe et ignorez les. ». Parce que oui, certains vont à cette soirée uniquement pour le champagne. Le plus triste reste en fait les filles en talons et tenues extravagantes. Tu pensais te faire remarquer par Emmanuelle ? Râté ! En revanche, tu donnes juste aux gens une occasion de te comparer à un éléphant, c’est déjà ça. Mesdemoiselles, il ne faut jamais mettre des talons pour la première fois à ce genre de soirée, voyons.
En passant de magasins en magasins, le constat que tout le monde fait c’est que tu passes plus de temps dans la rue que dans les rayons. Entre ceux qui décident de faire la queue une heure parce que Karl est dans la boutique Chanel et ceux qui patientent devant Colette, Mecque des hipsters… Egalité.
Alors voilà, la soirée se termine dans un petit bar de l’autre côté de la rue Saint Honoré. Et c’est là qu’on croise les vraies stars. En 15 minutes on apprend que finalement, Lynnsha n’a pas disparu, on croise pas une, pas deux mais trois fois Stephane Rottenberg et on a même le privilège d’avoir un « big up » de Matthieu Delormeau. Oui, un big up parce que Matt’ dans un jogging Adidas, il est vraiment ghetto. Et ça, ça n’a pas de prix. Jalil Peraza et son tweet vous résumeront parfaitement la soirée : « Fashion Kids on their Fashion shit tonight ».
Merci à Vogue d’avoir fait rêver ces riches à durée limitée. Je suis bien contente de rentrer et de tomber sur une session old school sur MTV Base, ça purifie mes oreilles et surtout mes yeux. On était bien dans les années 90.




