Sur la route avec Mayer Hawthorne

Mayer Hawthorne s’invite au voyage

22 octobre 2011 . 2 commentaires
By Esco', in Featured, US Side

Ce mois-ci, le prodige blanc de Stones Throw Records est à la fête ! Nous voulons évidemment parler de Mayer Hawthorne, jeune trentenaire de Ann Arbor (Michigan) passé du rap à la modern-soul quasiment du jour au lendemain. Le 11 octobre dernier, l’artiste aux multiples casquettes (auteur, chanteur, DJ, producteur, multi-instrumentiste) sortait How Do You Do, son deuxième effort, un disque lumineux o๠la soul y est légère et chatoyante. Galvanisé par le carton de son premier essai, celui qui se faisait appeler Haircut il y a encore 2 ans et demi - en raison de son dégout profond pour les coiffeurs étant gosse - revient avec une Œuvre qui suit le sillon creusé par le remarquable A Strange Arrangement (2009). Depuis qu’il a revêtu le costume de dandy rétro/chic un soir d’automne, Andrew Mayer Cohen s’est transformé en Mayer Hawthorne, personnage fictionnel de gendre idéal poussé à son paroxysme. Avec deux albums studio et quelques EP dans sa besace, le chanteur est parvenu à se créer un univers singulier o๠la notion de plaisir sembler jouer un rôle fondamental. C’est en se penchant de plus près sur cette soul résolument contemporaine que nous nous sommes aperçus que la musique de Mayer Hawthorne a la capacité de transgresser les frontières sonores et géographiques. Par le biais d’une chanson, d’un clip ou même d’un simple refrain, nous avons souhaité mettre le doigt sur cette notion de dépaysement qui émane continuellement de l’Œuvre de ce fin crate-digger. France, Etats-Unis, Espagne. Passé ou présent. Electro, rap, soul ou disco, quelle que soit la forme qu’elle revêt, la musique de Mayer Hawthorne nous fait voyager à travers l’espace et le temps. Ouvrez grand les yeux et les oreilles, et bonne route !

Première escale de notre périple : Detroit. Ville industrielle voisine de Ann Arbor, c’est ici que Mayer se fait les dents et entre de plain-pied dans le hip-hop avec son premier groupe, Athletic Mic League. Ils sortent trois albums parmi lesquels The Thrill Is Gone (2000) duquel est extrait ce titre reprenant la boucle du célèbre «Oceans Of Thoughts And Dreams» des Dramatics (1977). Au sein des AML, Mayer produit, Mayer mixe mais rappe très peu. Samples abondants, grosses saveurs soulful et slow-flow de rigueur, ce morceau nous renvoie à la fin des 90′s et préfigure l’arrivée des beaux jours. Le hip-hop respire à pleins poumons, et nous avec.

Athletic Mic League - Hip Hop Quotables :

Changement radical d’ambiance. Haircut laisse de côté ses platines et ses baggy jeans pour endosser l’habit de Mayer Hawthorne pour la première fois. «Just Ain’t Gonna Work Out», c’est le grand saut. Le passage ultime du rap bitumeux à la modern-soul sophistiquée. Une chanson qui s’écoute à n’importe quelle occasion et qui procure toujours ce même sentiment de bonheur insouciant. Le clip nous présente un homme neuf, tiré à quatre épingles mais cool comme pas deux. La démarche légère, le groove dans la peau et le cŒur en bandoulière, Mayer lance l’offensive.

Mayer Hawthorne - Just Ain’t Gonna Work Out :

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Let’s dance ! Ni une, ni deux, après la soul chatoyante made in L.A, place à l’électro/funk de SebastiAn. Sur le dernier opus du producteur français (Total, 2011), le crooneur passe en mode Prince et là¢che un funk débridé sur une production boogie parfaitement grasse. L’atmosphère est moite, pesante, et les pulsions décuplées»¦ Le décor est planté, nous sommes dans une boite parisienne du neuvième arrondissement. Il est tard, les bouteilles sont vides et les caissons de basses dégueulent ce funk électronique.

SebastiAn (feat. Mayer Hawthorne) - Love In Motion :

Lendemain de cuite, gueule de bois, le réveil opère en douceur. De l’autre côté de l’Atlantique, sur la baie de San Francisco, un homme, seul au monde, chante l’amour et ses aléas. «Mon amour attend là , à San Francisco, au dessus de la mer bleue et agitée». Sur les larges trottoirs du port, trois jeunes s’adonnent à de spectaculaires figures de skateboard pendant que cet homme continue à chanter ce jazz nostalgique avec une élégance qui rappelle les années Sinatra. «Quand je viendrai vous voir chez vous, à San Francisco, votre soleil d’or brillera pour moi».

Mayer Hawthorne - I Left My Heart In San Francisco :

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Fini de rêver. 2011, retour à la réalité. Mayer Hawthorne sort son deuxième album et les compteurs se remettent à zéro. Pourtant, son esprit volatil cherche encore à se faire la malle. Toujours avec ce brin de second degré, le dandy se met en scène avec sa compagne du jour dans une vidéo façon blockbuster sur ce mid-tempo sautillant et malicieux. Lui joue la carte du jeune cadre fraichement diplômé, elle celle de la femme d’affaire classe et sà»re d’elle. Ils semblent courir le parfait amour mais le train-train quotidien finira par les rattraper. Jusqu’au jour ou»¦.

Mayer Hawthorne - The Walk :

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To be continued»¦


2 Commentaires
  1. NWA le 22 octobre 2011 à 21 h 29 min

    Bon article Esco’, merci. (T’aimes bien l’image du gendre idéal en ce moment).

  2. Esco' le 24 octobre 2011 à 9 h 45 min

    Merci ;)
    Disons que le personnage de Mayer Hawthorne dégage vraiment cette impression là. Et lui même le revendique plus ou moins d’ailleurs, il joue sur ce registre.