Ce soir, votre vie va changer...
Les NRJ M.A., le nombrilisme made in France

« One more time… », en France nous avons le droit à un certain nombre de rendez-vous annuels et après la concomitance du Téléthon et des Miss, fin Janvier éclaire Cannes d’un projecteur prenant toute sa luminosité dans un bling-bling en toc. Avec un nom qui symbolise la superficialité de leur identité, les NRJ Music Awards viennent clôturer une année de divertissement et par nature en annoncer une nouvelle.
C’est l’histoire d’un français un peu gauche au caractère pâle et sans swagg qui se voyait plus grand que les ri-cains. Retour sur un patient qui agonise depuis 12 ans maintenant mais qui n’a jamais passé le micro à gauche.
Certainement complexés de la démonstration de force que nous offrent les Américains en redoublant d’originalité chaque année notamment avec leur cérémonie reine, les VMA, on a tenté de faire notre petite sauterie franco-américaine afin d’essayer d’affirmer qu’une journée dans l’année on devenait le centre de la terre… Malheureusement, cette poudre aux yeux n’est valable que pour les prépuberts qui profitent de leur week-end entre strass et paillette. Avec l’âge on se rend compte de la supercherie et rapidement on a un peu de peine pour ces NRJ qui ressemblent à un clodo qui fait la manche et qui voudrait dans son récipient non-identifié plein de stars en provenance d’ outre-Atlantique.
Souvent snobés par ces dernières, les NMA ont donné lieu à un certain nombre de rencontres du 3ème type entre deux espèces qui n’auraient jamais du se rencontrer .Les génériques reflètent assez bien ce constat inégalitaire, on voit par exemple sur un même plan Faudel et Mick Jagger. On se souvient notamment qu’en 2002 (et oui il y a 10 ans), Florent Pagny délivrait un prix accompagné de Britney Spears qui était alors au top de sa forme. Cependant, il faut reconnaître que le label NRJ a permis de s’assurer un certain nombre de mythes comme Madonna et Bono (qui a réussi à avoir 2 NMA d’honneur, un en tant qu’artiste solo et un autre avec U2, assez pimenté comme fait anecdotique qui témoigne de la pauvreté du show). Depuis quelques années et avec l’émergence d’artistes qui font de cette scène télévisuelle un lieu ultime d’expression scénique, on a le droit à de réelles performances made in USA.
Comme quoi à force d’égocentrisme et de nombrilisme, nous Français, on arrive toujours à avoir ce qu’on veut que ce soit la réduction du taux d’immigration, de la délinquance ou une pure soirée ricaine. Le tout quelque soit les moyens !
Aux États-Unis, la recette réside dans le casting mais aussi dans la prestance du présentateur. A l’origine, les NRJ cherchaient à renouveler bêtement la mécanique des grands événements outre-Atlantique en mettant en place une célébrité truculente et talentueuse. Mais ils se sont rendus compte que dans l’hexagone personne n’avait le charisme suffisant et c’est donc une fois de plus qu’Ophélie Winter rimera avec éphémère. Sorti de nul part, Anthony Kavanagh humoriste protéiforme incarne l’identité de ce prime time annuel. Il chante/imite/danse/vanne et est dans le panel des présentateurs francophone ce qui se rapproche le plus d’un entertainer à l’américaine. Puis débarque la polémique sur son dérapage libanais et il quitte dans des circonstances étranges TF1; alors dès 2007 c’est le bon vieux Arthur qui portera l’émission à bout de doigt.
Mais un humoriste n’en vaut pas un autre et l’homme au prénom semble plus à l’aise assis et le nœud de cravate défait dans les Enfants de la Télé qu’à faire le show pendant 2h30. Il laisse place au brillant Benjamin Castaldi qui offre son poste à Nikos qui se rapproche plus du showman que pouvait être Kavanagh et depuis 2 ans autant dire qu’il fait le job.
On le sait les NRJ Music Awards sont le prétexte d’un jeu promotionnel maladroitement orchestré par TF1 et la radio au jaguar. Ces récompenses sonnent aussi fausses que les larmes de Jenifer en 2006 car entre ces 6 trophées de meilleure artiste féminine francophone (devant Mylène Farmer qui en a 4, pas mal en 12 ans de NMA) et un M. Pokora proclamé artiste de l’année 2011, le crédit décisionnaire de cette cérémonie est réduit à néant.
Cependant on peut s’amuser de toute cette maladresse et en découvrir les sucreries, notamment entre 2003 et 2006 où Jenifer (#teamstarac) a laissé sa place de révélation francophone à Nolwenn Leroy (#teamstarac) qui a laissé sa cornemuse à Emma Daumas (notre délicieuse Avril Lavigne française mais #teamstarac quand même) pour enfin offrir son trône à Gregory ( #teamstarac). Enfin, on redécouvre 10 ans de comédies musicale révolutionnaires sponsorisées par TF1 avec la période faste et en figure de proue Roméo et Juliette et les 10 Commandements (qui ne s’est pas ambiancé sur « Les rois du monde » ou « L’envie d’aimer » ?) puis la période néfaste avec Le Roi Soleil, Cléopâtre et Mozart l’Opéra Rock (qui n’a pas eu des envies de suicide sur « Mon essentiel », « Femme d’aujourd’hui » ou encore « L’assasymphonie » ?). Heureusement pour nous tous ces prix n’ont aucune espèce d’importance donc tout va bien.
Bref tout ça pour dire que le même soir, il y a sur France 2 « Vos années télé » présenté par Michel Drucker ou encore un téléfilm avec Pierre Arditi sur la 3. Très franchement vous seriez bien con de rater ça !





Je comprends que j’ai rien à faire ici quand j’branche la 1
Adieu la France de Joséphine Ange-gardien…….