Pauvre mois d'Août

Les chroniques du mois : Août

1 septembre 2012 . Un commentaire
By Rémy, in Featured, What else ?


2 Chainz - Based On A T.R.U. Story (Def Jam)

A 35 ans, Tity Boi, devenu entre temps 2 Chainz, ancien membre des Playaz Circle avec Dolla Boy, a enfin décidé de livrer un premier album solo. Based On A T.R.U. Story, tel est l’intitulé choisi pour ce premier essai estampillé Def Jam, un album dans la continuité de ce qu’il fait depuis un an maintenant : de la trap, de la trap et rien que de la trap music. Si vous avez eu la possibilité d’écouter ses dernières mixtapes T.R.U. REALigion et Codeine Cowboy, alors pas d’inquiétude, vous n’avez rien raté. En effet, le MC nous sert la même soupe à quelques exceptions près : la galette est plus homogène (si bien qu’elle nous donne l’impression d’écouter la même chose du début à la fin) et les featurings sont plus prestigieux (John Legend, Kanye West, Lil Wayne, etc.). Rien de grandiose, le projet est on-ne-peut-plus banal avec, toutefois, quelques grands moments (« Stop Me Now » avec Dolla Boy, le banger « Birthday Song » avec Kanye West). Pas mauvais mais pas transcendant non plus, Based On A T.R.U. Story reste un album correct. - Rémy -

Archive - With Us Until You’re Dead (Cooperative Music)

Tel un vieux bibelot poussiéreux sur lequel on souffle, le dernier né du crew anglais se compose d’innombrables particules de nostalgie. Dans une recherche de renouvellement ininterrompu, à la fois musical et humain, Archive vogue depuis près de 20 ans sur la nappe trip-hop britannique en prenant le soin de renouveler son plongeoir après chaque saut dans l’inconnu. Groupe à l’effectif numériquement sensible, Archive livre ici une oeuvre sporadique, limite spectrale, qui initie sans cesse des flashback rapide vers ses premières prod’ (Take My Head en tête). Alors que le précèdent opus avait vu le retour en force du emcee John Rosko et de son flow purement british, With Us Until Your Dead renoue avec la tradition lyrical du groupe en la venue de Holly Martin (par contre, exit les égarement atmosphérique de plus de 10min qui faisaient le bonheur des headbangers somnambules). Enigmatique rubicube musical, situé non loin des breaks electro-psyché de Nine Inch Nails et une new wave minimale allant de Depeche Mode à Portishead, Archive place ici l’une des dernières pièces de sa machinerie auditive, qui, même si elle souffre d’une perte de vitesse, ne révélera sa vraie portée qu’à travers les yeux (et les tympans) de son public. - Vincent V -

Bloc Party – Four (Frenchkiss)

Les Anglais de Bloc Party passent la quatrième et peinent à embrayer après un tiercé d’albums à la qualité décroissante. Pour cette nouvelle livraison que l’on croyait bien ne jamais pouvoir écouter – le groupe semblait effectivement à deux doigts de la rupture à l’automne dernier – Kele et ses vieux potes sont revenus aux basiques qui ont fait leur force : rock nerveux, riffs percutants et refrains calibrés FM (« Octopus »). Manque de pot, le constat est sans appel : l’envie y est, plus l’inspiration. L’écoute des douze morceaux de Four nous le confirme, Bloc Party est un bon petit groupe indie Londonien, relativement inoffensif, qui s’érode avec les années en surfant sur le succès de ses deux seuls grands hits, « Banquet » et « Helicopter« . Et même si ses quatre unités s’attèlent à produire une musique variée piochant tantôt dans le métal (« We Are Not Good People« ), tantôt dans la pop (« V.A.L.I.S« ), Four est un disque fade et déjà dépassé. « J’arrêterai quand il le faut, je ferai pas l’album de trop« , rappait B2O. Allez les gars, pliez les gaules. - Esco -

DJ Khaled - Kiss The Ring (Universal Republic)

DJ Khaled ou le coup marketing de l’année. En invitant de gros noms tels que Rick Ross, DJ Premier, Nas, Scarface, Birdman, Kanye West et autres Big K.R.I.T., le fake DJ suit les tendances actuelles en matière de rap mainstream. Snares affolés, beats saturés et productions clinquantes calibrées pour les amateurs de matérialisme outrancier, ce sixième album reste conforme aux précédents, inutile et racoleur. Délégant la production à Hit-Boy, Mike Will, The Runners, J.U.S.T.I.C.E League, Premier ou DJ Toomp, Khaled s’assure une tranquillité basée sur sa supposée renommée avec le talent en moins. A noter que cette galette est probablement sa meilleure à ce jour, c’est peu dire… - Crazyhorus -

The Noisettes – Contact (MONO-RA-RAMA)

Bénéficiant d’une jolie exposition à la sortie de leur second album en avril 2009, grâce, en partie, au tube « Wild Young Hearts, les Noisettes de Shingai Shoniwa enchainent cet été avec Contact, troisième opus sorti dans l’anonymat d’un mois d’août pseudo-caniculaire. Force est d’avouer que le rock métissé qui avait fait le charme de ce sympathique groupe Londonien à la fin des années 2000 a, ici, disparu au profit d’une pop simpliste et crispante. Le crew a rangé ses guitares et ses accents africains, préférant se lancer dans une série de pop songs faciles labellisées NRJ (« Winner« , « Let The Music Play« ). Même si le groupe est toujours aussi coloré en apparence (après le rouge pétant de Wild Young Hearts, le bleu fluo domine sur Contact), le fond a tristement perdu de sa superbe malgré quelques sursauts bien sentis comme ce « Travelling Light » angélique. Preuve que le groupe en a encore sous la pédale, un « That Girl » pimenté et sautillant qui scie parfaitement à l’image que l’on se fait du combo. Reste maintenant à faire les bons choix pour faire un bon disque… Personne n’est parfait, et surtout pas un groupe qui s’appelle Les Noisettes ! - Esco -

Purity Ring – Shrines (4AD/Last Gang)

Réjouissante découverte que celle de Purity Ring, jeune duo Canadien formé par Megan James et Corin Roddick suite au split du groupe Gobble Gobble en 2010. Shrines est leur tout premier essai, un disque court (38 minutes) mais intense où s’entremêlent dream pop, beats syntéthiques martelés à la MPC et electronica soyeuse. Si les singles « Ungirthed » et « Lofticries » font mouche dès les premières écoutes, le reste de l’album s’écoute également avec facilité malgré une façade très expérimentale (mention spéciale au glaçant « Belispeak« ). Musicalement très riche (on imagine déjà Kanye West se frotter aux productions du binôme), l’œuvre de Purity Ring se nourrie de milles influences (Massive Attack, M83, Crystal Castles…) mais ne copie personne, creuse et voyage à travers les styles sans jamais perdre son identité. Pour l’instant bien discrets, le duo Canadien pourraient bien devenir l’une des sensations des mois, voire des années à venir. Toujours se méfier du chat qui dort… - Esco -

Rapsody - The Idea Of Beautiful (Jamla)

Membre du collectif Kooley High, Rapsody est également une artiste solo évoluant sous le label de 9th Wonder, Jamla, depuis 2009. Après s’être essayée à de nombreuses reprises sur diverses mixtapes, il était temps pour la jeune rappeuse de nous livrer son premier album. Intitulé The Idea Of Beautiful, le projet repose sur le même socle, à savoir des productions de l’équipe The Soul Council (9th Wonder, AMP, Eric G, Khrysis…), mais contient quelques nouveautés dans les featurings (Ab-Soul, BJ The Chicago Kid, les Cool Kids, Mac Miller et Raheem DeVaughn entre autres), ce qui n’est pas pour nous déplaire, bien au contraire. Dans la continuité de ses dernières mixtapes, The Idea Of Beautiful reste un projet très agréable grâce à une Rapsody particulièrement en jambe et des beats toujours aussi plaisants. On saluera d’ailleurs l’excellent travail de 9th Wonder qui en est pour beaucoup dans la réussite de l’album. Une sortie qui fait résolument du bien au mois d’août, bien pauvre qualitativement parlant. - Rémy -

Rita Ora – O.R.A. (Roc Nation)

Le son qui fout la pression, garçon. Ou plutôt mal au crâne. Alors voilà, Rita Ora, 21 printemps, concourt pour le Royaume-Unis à l’Eurovision en 2009, signe sur Roc Nation dans la foulée, enregistre un tube infâme (« R.I.P. » feat. Tinie Tempah) et un album de merde, dans la foulée. Cas d’école, on remballe. O.R.A. est le premier bébé de la jeune bimbo native du Kosovo, un disque composé et soutenu par les mastodontes de l’industrie (Kanye West, Will I Am, Drake et Jay-Z), les mêmes qui ont fait atterrir la jeune femme sur le puissant label Roc Nation. Et pourtant, rien n’y fait. Ce debut album est une succession de hits préformatés comme il en tombe des dizaines chaque année. De la musique en barquette, vide de sens et plate comme une galette, destinée à alimenter la playlist des Burger King ou autre Subway miteux. On connait la chanson. On zappe. - Esco -

Slaughterhouse - Welcome To Our House (Shady/Interscope)

Après leur départ de E1 ponctué par un EP à la qualité relative, les garçons bouchers se devaient de rebondir avec une nouvelle signature chez Shady/Interscope sensée libérer les esprits. Naturellement, le taulier du label s’est légèrement incrusté sur cet ultime projet, chapeautant une production survitaminée mais décevante. Là où Mr Porter parvenait à injecter de l’intérêt pour une unification peu naturelle en 2009, le producteur se laisse déborder par un Eminem probablement trop envahissant. Difficile donc de trouver son compte dans ce concentré de testostérone peu ragoutant. Et dire qu’il a fallu attendre trois ans pour un tel résultat. - Crazyhorus -

Les albums qui divisent…

Trey Songz - Chapter V (Atlantic Records)

Après un dernier album très convaincant - Passion, Pain & Pleasure sorti en 2010 -, Trey Songz fait son retour cette année avec son cinquième opus, Chapter V. Un projet qui s’inscrit dans la continuité de ses dernières galettes, à savoir du R&B, un peu de soul et puis voilà. Aucune présence de sons à tendance pop comme on en voit un peu partout maintenant chez les artistes R&B, et sur ce niveau-là il marque un très bon point. Malheureusement ça n’aura pas suffit, ce Chapter V est loin de la qualité aperçue sur son prédécesseur, l’album est ennuyeux à mourir et ce n’est pas avec les singles (« Hail Mary » en tête) que ça va s’arranger. On observe aucune évolution au cours du projet, l’ensemble des morceaux ressemble de trop près à ce qu’il a fait par le passé. L’album de la maturité nous avait-il dit ? On en est bien loin. Peut-être aura-t-elle lieue sur son successeur, qui sait. - Rémy -

Trey Songz - Chapter V (Atlantic Records)

Cinquième effort pour la nouvelle coqueluche du r’n’b contemporain et la formule reste identique, à savoir un patchwork parfaitement agencé de clubs anthem (« Two Reasons », « Hail Mary ») et de titres doucereux (« Dive In », « Without A Woman »). Si l’effet de surprise est depuis longtemps dépassé, la réussite de l’ami Songz réside dans sa capacité à confectionner de la musique pour chambre à coucher efficace sans jamais tomber dans la facilité pop/electro dans laquelle ses homologues chanteurs se sont précipités. Chapter V s’impose ainsi comme la pièce maitresse d’un artiste qui, album après album, revient sans prétention, excellant dans son domaine tout en s’assurant une réussite commerciale d’ampleur. Le « Panty Wetter » a une nouvelle fois frappé. Messieurs, Chapter V est un projet au potentiel sexuel sans limite, vous savez ce qu’il vous reste à faire. - Nico -


Les notes de la rédaction


Un Commentaire
  1. sweat le 2 septembre 2012 à 0 h 06 min

    Vous avez pas chroniqué l’album nu soul de l’année ( ci c’est pas le meilleur tout genre confondus pour le moment??) à savoir Dwele.
    SHame on you!!! lol