Rencontre avec quatre musiciens plus que prometteurs

[Interview] DAD, l’élégance au service du son

15 mars 2011 . Pas de commentaire
By Esco', in FR Side, Featured

Lorsque les arrangement chaleureux et envoûtants de DAD sont parvenus jusqu’à nos oreilles, l’interview sonnait presque comme une évidence. Objectif : faire la connaissance de ce combo franco/canadien pour qu’ils nous dévoilent les secrets de leur musique riche de mille et une influences. Ils sont quatre (Gabriel, Maxime, Adrien et Thibaut), nous viennent de Paris et Montréal (Gabriel) et sortent en ce début d’année leur tout premier projet, PUSH, un EP de cinq titres d’une pureté absolue. Rencontre avec Adrien, le saxophoniste de ce groupe aussi prometteur que rafraîchissant.


- Pouvez vous nous expliquer, en trois mots, ce qui se cache derrière les trois lettres de DAD ?

Adrien Daoud : Je voulais un nom de groupe court, efficace, et que les gens pourraient retenir très facilement. On peut aussi y voir le « D » des frères Daoud (Maxime et moi). Je pense que DAD nous va très bien…

- DAD s’est formé relativement récemment, pouvez vous revenir sur votre rencontre et sur ce qui a motivé la formation de ce groupe ?

Adrien Daoud : Le groupe s’est formé en septembre 2008 avec mon frère Maxime et ensuite Thibaut avec qui j’avais fait deux ou trois sessions dans un cadre plus Jazz. Tout en commençant un répertoire en trio, j’ai croisé Gabriel à Paris que j’avais rencontré auparavant à Montréal en 2006. Au moment de notre première rencontre, je ne connaissais pas la passion de Gabriel pour la musique. Lors de notre rencontre à Paris, il me donna un cd qu’il avait enregistré pendant ses années d’études à Montréal. J’ai écouté et j’ai trouvé ça très intéressant. Je lui ai donc proposé de venir faire un titre avec nous pour notre premier concert. Cette collaboration nous a tous convaincu et Gabriel a intégré le groupe quelques semaines après.

- Votre musique est très hybride et, à vrai dire, c’est difficile de vous classer dans un genre précis. Pour autant, le spoken word semble être l’une de vos caractéristiques principales. Est ce que le rap et ses structures saccadées sont une source d’inspiration pour vous ?

A.D. : Le Rap est une source d’inspiration comme plein d’autres styles et le rythme a une importance particulière dans notre musique. D’ailleurs, la plupart de nos morceaux ont été écrits à partir d’une idée rythmique. Pour ce qui est du vocal, Gabriel n’a jamais voulu faire du « spoken word » ou même du « Rap », nous voyons ça comme de la poésie.

- La notion de flow vous parle t-elle ?

A.D. : Finalement, le « flow « est juste le rythme des mots, et Gabriel est très rigoureux avec la façon dont il peut faire fusionner ses textes et la musique.

- Si j’écoute votre musique en fermant les yeux, je m’imagine sur un tapis volant, voyageant dans un monde féerique lointain. Un peu comme dans un rêve… Le voyage a t-il une importance particulière pour vous ?

A.D. : Oui, si à l’écoute d’un morceau ou lors d’un live, on arrive à oublier où nous sommes, alors c’est gagné ! La musique permet de voyager, de s’évader n’importe quand et c’est pour ça qu’elle est fascinante. Sur scène, nous mettons tout en œuvre pour réunir notre énergie et celle du public afin de servir la musique et voyager ensemble.

- Sur « Push », votre premier projet, l’improvisation semble tenir une place de choix. J’aurais aimé savoir quel était votre processus de création ?

A.D. : Le travail de création se déroule en deux temps. Dans un premier temps, il est individuel. Chacun d’entre nous, en dehors du groupe, a une ou des idées plus ou moins concrètes pour des nouveaux morceaux (textes, idées rythmiques, mélodies). Puis, c’est le temps du « travail de groupe » : on propose donc ces idées qu’on développe, qu’on arrange tous ensemble jusqu’au moment où la musique nous plaît, où on aime la jouer, où on aime l’entendre. Sur PUSH, il y a quelques moments improvisés car nous avons voulu garder une énergie « live » qui nous caractérise, mais la plupart de l’EP est écrit.

- Pensez vous que votre musique - qui s’avère être planante, douce et parfois mélancolique - vous ressemble ?

A.D. : On peut ressentir ces sentiments à l’écoute de DaD mais en même temps nous exprimons autre chose sur le morceau « Papa » ou sur la deuxième partie de « Grand Piano » ; notre musique peut être planante et douce, mais aussi terrestre et agressive. Nous n’avons pas peur des extrêmes et chacun est libre de ressentir ce qu’il veut mais en ce qui nous concerne, notre musique est un mix de beaucoup d’influences trop riches pour la classer dans telle ou telle case de sentiments…

- Votre EP « Push » nous fait traverser plein de paysages, plein de styles musicaux. Comme vous le dites, il y a tellement d’influences et de sonorités qui s’entremêlent qu’il est difficile d’identifier vos goûts personnels. De quelle scène venez vous à la base ?

A.D. : Nous avons tous les quatre des parcours très différents, ce qui fait notre force mais notre base commune est que nous avons tous de fortes connaissances sur les musiciens et sur les groupes qui ont fait évoluer la musique, tout styles et périodes confondus. Notre background est principalement Jazz mais nous sommes très influencés par la Pop, le Rock, le Punk, le Hip Hop et aussi bien par la musique électronique.

- En tant que musiciens purs et durs, si je vous dit « sampling », ça vous fait sauter au plafond ?

A.D. : L’échantillonnage est un procédé intéressant. On se considère aussi musicien parce qu’on arrive à percevoir la musique à peu près partout et non pas uniquement à l’écoute d’un instrument de musique traditionnel. Et quelque part, en empruntant à plein de musiques différentes, on fait une sorte d’échantillonnage.

- Malgré quelques parties chantées et ce spoken word qui résonne en continu, le vocal est souvent mis en retrait au profit de la musique. Justement, comment s’articule votre formation sur scène ? Parvenez vous à rétablir un certain équilibre ou au contraire recherchez vous encore plus l’improvisation musicale ?

A.D. : Notre priorité est le son de groupe et l’énergie sur scène. Nous ne mettons ni le chant, ni la poésie ou l’instrumental en haut de la pile. Nous adaptons l’équilibre suivant le morceau et le mood qui s’en dégage.

- Vous venez de sortir un EP de cinq titres (Push), aura t-on la chance de vous entendre sur long format d’ici peu ?

A.D. : Oui ! Nous préparons un album qu’on devrait enregistrer avant l’été, toujours sur le label ObliqSound avec lequel nous avons signé pour cet EP ; nous sommes très excités à l’idée de faire ce cd, pour nous c’est un réel aboutissement.

- Quel est votre programme pour 2011 ? Des voyages, une tournée ?

A.D. : Notre programme pour 2011 est de promouvoir DAD comme toujours et surtout de travailler sur l’album auquel nous croyons beaucoup et avec lequel, je l’espère, nous aurons la chance de taper dans l’œil des programmateurs et des médias.

- On finira sur la question fatale : pourquoi « Push » ?

A.D. : Pour ce premier EP, nous avons voulu reprendre l’idée de la naissance. Aesop Rock a sorti « Appleseed », « Eyedea and Abilities », « First Born », aussi Arcade Fire dans le même genre avec « Funeral ». On a imaginé DAD le jour de la naissance de son premier petit, et voilà, après un big « PUSH », nous sommes nés. C’est aussi notre premier engagement commercial et donc notre premier « PUSH » dans le marché !

Un grand merci à Sébastien Belloir, Adrien Daoud et sa bande pour avoir accepté de répondre à nos quelques questions.

- Pour écouter gratuitement et découvrir le premier EP de DAD, PUSH, rendez vous sur le Bandcamp officiel du groupe.

Aucun Commentaire