La dissection d'un monstre

Guizmo, un album au service de…

18 octobre 2011 . 5 commentaires
By Ju', in FR Side, Featured

Depuis le 3 octobre et la sortie de l’album Normal, Guizmo n’a cessé d’être simplement la chose attachante d’un film de notre enfance. Il est maintenant un rappeur qui trouve sa place dans tous les bacs de l’hexagone, alors quand un nouvel artiste sort son « debut album », la question légitime est : pourquoi (?), mais surtout à quel service se met cet objet ? Quelques pistes…

»¦ du mythe ?

Un personnage qui prend racine pour beaucoup lors de sa draft à Rap Contenders qui l’oppose à Aronstrong. Son adversaire le dépeint alors comme un alcoolique et un camé, loin de prendre la critique comme une attaque lorsque son rival envoie « Je t’ai vu devant boire 5 Ballantine », il l’interrompt pour là¢chant le monumental « Normaaaaaaaaal », une expression qu’il reprendra à son compte pour en faire le premier single de son album.
Il assume entièrement l’image d’un post-ado que sa génération a tué, il en résulte un homme désenchanté toujours en cavale avec une roulée au bec et une Heineken à la main. Un ancrage réel (on n’oserait pas en douter) mais aussi marketing. Photoshooting, clips et les thématiques de la tracklist mettent en avant cette figure désespérée et attachante… Guizmo quoi !


»¦ de l’Entourage ?

Ils sont partout : sur sa tracklist, dans ses clips et même sur la pochette de son album. En effet, tous les prétextes sont bons pour voir les frimousses de Deen Burbigo, Nekfeu ou autre Alpha Wann. Il est donc difficile de faire la distinction entre les projets personnels et ceux du collectif, comme si toute entreprise devait servir la cause commune et ainsi nourrir l’intérêt et la curiosité autour de l’Entourage. Cet esprit n’est pas sans rappeler celui du Wu-Tang à ses débuts, o๠chacun des albums des membres du crew mettaient à un moment en avant les affinités artistiques de la bande. Ce n’est pas le moment de jouer perso, et Guizmo l’a bien compris.


»¦ son quartier ?

La nouvelle vague de rappeurs a tendance à mettre sous cloche leurs provenances géographiques. C’est l’une des principales distinctions entre le hip-hop hexagonal des années 1990-2000 et celui de 2010. Ce n’est pas le cas de Guizzy qui, à chaque track, martèle : « Guizmo 92 / Villeneuve la Garenne, les immeubles la galère / La Caravelle cousin », un crie qui colle au personnage comme le « houba houba » identifie un Marsupilami.
Wikipédia définit « la ruche » comme « une structure artificielle, presque fermée, abritant une colonie d’abeilles butineuses qui vit, produit du miel et élève de nouvelles générations d’abeilles ». Difficile de mieux caractériser cette sensation de chaleur et d’enfermement, « une ruche » dont il cristallise les facettes dans son personnage, un désespoir créatif et stimulant.


»¦ sa thérapeute ?

De manière sporadique lors de cette tracklist, il laisse tomber le masque pour déverser un peu de soi, de ses déchirements et de ses paradoxes. A la vue de son regard et à sa manière de kicker, Guizmo transpire l’amertume sur un visage « marqué par la vie » dà» à la perte de son père. Attiré par la street et « le pêché l’obscène » comme un papillon de nuit par la lumière, c’est de ce contact que Guizzy tient toute sa puissance artistique.
Des questionnements extérieurs (maternels) additionnés à une introspection chronique par rapport à la conséquence de ses actes, notamment dans le prisme religieux. « Prier à la Mecque » comme idéal et le pêché en quotidien, un combat intérieur entre raison et passion autant déchirant que fascinant.


»¦ du freestyle ?


« Normal » est finalement un freestyle de plus de 50 minutes porté par des fils rouges thématiques mais o๠la priorité reste la fluidité du flow. C’est cette dernière qui fonde les bases de Guizmo entre son Rap Contenders et ses vidéos fugitives, une qualité revendiquée par l’intéressé tout au long de l’album : « Ramène moi n’importe lequel en rap, je le crucifie ». Une violence dont il se proclame le maà®tre et qu’il contrôle tout au long de ces 15 tracks, une forme consubstantielle au fond.




»¦ des Ugly Covers ?


Enfin, merci à Guizmo de nous avoir gratifié de cette pochette au montage délicieusement photoshopé.
Trick Daddy, E-40 et Evil Pimp n’ont qu’a bien se tenir car Guizz la banquise apporte sa fraà®cheur aux Ugly Covers.



5 Commentaires
  1. somesta le 18 octobre 2011 à 21 h 36 min

    ça manque d’une conclusion, on arrive pas à savoir si vous avez aimé l’album ou pas au final

  2. Ju' le 19 octobre 2011 à 0 h 10 min

    Yo Somesta,
    Ma conclusion ainsi que celle de l’équipe arrivera lors des chroniques du mois. Le tout assorti de la petite note.
    L’idée de ce papier était plus d’esquisser le portrait artistique de ce Guizmo.

  3. AA 35 le 19 octobre 2011 à 11 h 12 min

    Un article à la auteur du maitre. Probablement la meilleur révélation de l’entourage.

  4. Xente le 19 octobre 2011 à 13 h 32 min

    A la hauteur du maître faut y aller molo hein, commer certains de ses camarades de l’Entourage (la Cool Connexion & Deen Burbigo), les autres non) oui il a un vrai flow, le sens du rythme, mais lyricalement c’est pas folichon, faut pas se laisser impressionner par 2/3 assonances pétés.

  5. m&m le 19 octobre 2011 à 18 h 02 min

    Il est vrai que sur l’album les thèmes sont un peu redondants mais c’est bien dit, bien rappé et surtout ce qui fait la force et l’intelligence du Guizmo (et de l’entourage) c’ est la qualité des prods. Il a compris que les sonorité actuelles c’est soit on aime soit on décroche vite alors que les sonorités ici sont intemporelles. Maintenant attendons l’avis du dieu Neoboto! Peace