Paraplégique, Rééducation, Miraculé

Edito #28 : Niro sort de Rééducation

10 juin 2013 . Un commentaire
By Arnaud, in What else ?

Néoréaliste comme le courant littéraire du XXè siècle. Niro trouve son inspiration dans les thèmes de société qui sont pour lui des problèmes de premier plan. Un pied dans le dîn et l’autre dans l’illicite, c’est sous des airs de storyteller qu’il nous donne sa vision de ce que les médias nous servent comme la délinquance des banlieues. « Un mal pour un bien » ou comment la fin justifie les moyens. Immersion dans les songes et les rêveries désenchantées d’un homme dont le sens de l’observation est à double tranchant.

« Atterrissage forcé, les choses commencent à s’corser, ils s’font des films de gangsters, wallah c’est tous des Scorsese »

Irréversible comme Gaspard Noé. À l’instar du film dont la brutalité a crée la polémique il y a quelques années, Niro offre une approche crue et sans paillettes. « Balafré comme Albator » il adopte un vocabulaire criant de vécu bien qu’un peu repoussant au premier abord. Ceux qui feront l’effort de creuser apprécieront cette authenticité à une époque où le rap français semble surveillé de près par le lobby de la bienpensance. Pourtant, l’ostentation n’est pas au sommaire de Rééducation et il ne s’agit pas d’étaler son opulence, ni son vécu.


Radioactif comme son ombre portée sur les projets français récents. De son propre aveu, Niro marque de son empreinte la plupart des projets et compilations sortis ces dernières années. Repéré par le label Street Lourd, il pose notamment son empreinte sur la deuxième compilation au blason Mafia K’1 Fry et enchaîne sur Autopsie vol.4 avec « Fenwick ». Il y a quelques mois tout juste sortait La Mort Du Rap Game du Ghetto Fabulous Gang sur laquelle on retrouve le titre « La Mentale ». Radio-actif, il jongle entre les clips vidéo et investit les buildings de nombreuses radios françaises.

« La violence devient évidente quand c’est moi qu’en fais un constat »

Ovation tel l’accueil qu’il reçoit lorsqu’il propose de nouveaux morceaux. Lui qui avait intitulé son premier album Paraplégique parce que condamné à ne pas marcher. Ainsi Niro se décrivait lui et son rap il y a encore quelques mois, pensant que jamais ses projets ne rencontreraient le succès qu’ils méritent. Pourtant, le travail a payé. La sortie de Rééducation ce 10 juin marque une nouvelle étape de sa carrière, avant de nous présenter son deuxième album, Miraculé. Le diagnostic est formel, Niro est sur la voie de la guérison.


Arnaud Sommie
@somesta

Un Commentaire
  1. IziIziBangBang le 4 juillet 2013 à 17 h 34 min

    FIRST iZi !!