Une caméra, un son, une idée

Cinq clips de Michel Gondry

17 avril 2013 . Pas de commentaire
By Marin, in Urban culture

«Je me souviens assez bien de mes rêves. Je navigue dans une sorte de brouillard d’incertitude, je vois des formes apparaître, j’essaie de leur donner un sens. Et ce faisant, je trouve des idées originales. »

Michel Gondry fait partie de ces réalisateurs français qui ne s’inscrivent dans aucun courant. Expatrié aux États-Unis pour concevoir la plupart de ses films, son cinéma se singularise de la schizophrénie du milieu français tiraillé entre grosses productions familiales et navets pseudo intellectuels. À son compteur figure Eternal Sunshine Of Spotless Mind (2004), film mélancolique relevé par le talent comique de Jim Carrey, et déjà culte. Son style s’affirme avec Soyez Sympas, Rembobinez, comédie à l’ambiance musicale portée par Mos Def et Jack Black sur la vraie (fausse) vie de Fats Waller, et un peu plus tard avec La Science des Rêves, qui se targue d’offrir à Alain Chabat l’un de ses meilleurs rôles. Technicien et inventeur hors-pair, Gondry se situe parfois à la pointe de l’innovation et est par exemple l’un des premiers à utiliser dans un clip des Stones le Bullet Time, cette technique popularisée par la scène où Neo évite les balles dans le premier Matrix. Michel Gondry entretient aussi des liens étroits avec la musique: il réalise près d’une centaine de clips entre 1988 et 2011 pour de grands et petits noms du rock, de la pop, de l’electro et du hip-hop. À l’occasion de la sortie de son neuvième long-métrage, L’Écume des Jours, et de son casting franchouillard qui ressuscitera peut-être Gad Elmaleh, retour sur cinq de ces visuels qui définissent chacun à leur manière les différents aspects de son travail.


IAM – « Je Danse Le Mia » (1993)

Gondry apporte sa patte à la reconstitution de l’ambiance des boîtes des années 80 rappée par les marseillais d’IAM. Une narration visuelle qui reprend tous les éléments du texte, jusqu’à la présence physique d’une paire de Stan Smith ou des vinyles de Cameo et Shalamar. Une histoire qui avance intégralement au fil de zooms. Sinon, ça vaut le coup d’apercevoir Akhenaton et Freeman au temps où ils pouvaient encore se vanter d’avoir des cheveux.

Wyclef Jean - « Another One Bites The Dust » (1998)

Comment intégrer un sample de Queen et les mots de Wyclef Jean sur un seul et même clip ? Réponse : en racontant l’histoire délirante d’un gardien de musée aux trousses des voleurs d’une statue de Freddie Mercury. L’inventivité du réalisateur s’épanouit ici à travers la conception de gadgets sortis de nulle part et dignes de la pire série Z.

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The Chemical Brothers - « Let Forever Be » (1999)

Le temps s’inverse et les images se dédoublent dans un clip aux allures de kaléidoscope. Les procédés techniques pour dédoubler les images y sont rendus physiques : jeux de miroirs, utilisation de sosies, décors identiques, photographies…

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The Whites Stripes – « Fell In Love With A Girl » (2002)

Retour en enfance via ces images animées entièrement composées une à une à l’aide de briques danoises que l’on nomme LEGO. Une occasion de réinventer les procédés d’animation traditionnels, comme à l’époque où les Tex Avery et autres Carl Barks se prenaient la tête à dessiner vingt-quatre images par seconde.

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Daft Punk – « Around The World » (1997)

Cette fois, ce n’est plus le rythme de l’image mais celui des corps humains qui accompagne la musique, dans une atmosphère étoffée par des costumes futuristes et des effets de lumière omniprésents. La danse des robots préfigure le succès du duo français et ce que deviendra leur electro-rock, à l’image du cinéma de Gondry : la musique du futur.

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- Marin Charvet -

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