1992 : Dr Dre, Redman, Ice Cube, Das EFX et Paris à leur apogée

Back In 1992 !

23 janvier 2011 . Pas de commentaire
By Esco', in Featured, What else ?

*Dr Dre - Ain’t Nuthin’ But A G Thang

Ne nous en cachons pas, Dr Dre, a toujours été un MC très moyen. Andre Young a cependant su tirer son épingle du jeu, depuis son premier groupe, World Class Wreckin’ Cru jusqu’à N.W.A, en concoctant des Beats délicieusement funkys, inspirés des Georges Clinton, Parliament et autres légendes du P-Funk. Sur son premier album solo, le standard « The Chronic », le Doc pose les bases du G-Funk avec des classiques incontestables tels que « Let Me Ride », « Fuck With Dre » ou un « Nothin’ But A G Thang » savoureux, où le Dog de Long Beach s’invite pour une collaboration stratosphérique, comme dirait notre ami Georges Eddy. En samplant Frederick Knight et Leon Haywood, Dre compose, à grand renfort de lignes de basses hypnotiques, un véritable hymne G-Funk au style de vie Californien. Ain’t Nuthin But Classic !


*Ice Cube - It Was A Good Day

1992, quelques mois avant les fameuses émeutes de Los Angeles, le controversé Ice Cube sort son troisième opus, le bien nommé “The Predator”. Après les incendiaires « AmeriKKKa’s Most Wanted » et « Death Certificate », le MC de South Central poursuit son chemin de croix contre une Amérique en proie à des tensions raciales latentes (« Who Will They Shoot »). Paradoxalement, « Today Was A Good Day », certainement le morceau phare de la longue carrière de Cube est le plus laid-back de la galette, avec des samples des Isley Brothers et des Staple Singers, créant une atmosphère addictive au possible. O’Shea Jackson y évoque une journée idéale à South Central, où les games de BasketBall sont suivis par une partie de jambes en l’air ou une session marijuana avec des potes du quartier. VH1 classera la track au 28ème rang des meilleurs sons HipHop de tous les temps. Les amateurs de GTA auront pu également retrouver « Today Was A Good Day » sur la bande originale de « San Andreas », où l’ambiance générale du jeu vidéo se prête idéalement au concept de la track. Ice Cube’s a Pimp !


*Redman – Time 4 Sum Aksion :

1992, un lion sort de sa cage. Cette année là, le légendaire label new-yorkais Def Jam Records met sur les rangs une bête à poils rouges répondant au nom de Reginald Noble alias Redman. Pourtant, le jeune MC du New Jersey (Redman n’a que 22 ans à cette époque) n’en est pas à ses première rimes quand sort le disque Whut? Thee Album le 22 septembre 1992. Deux ans auparavant, le diable rouge faisait ses débuts sur le troisième opus du binôme EPMD - Business As Usual - en posant quelques vers sur le titre « Hardcore ». Cependant, la sortie de ce premier effort sonne comme un dépucelage pour celui que l’on nommera plus tard le Funk Doctor. « Time 4 Sum Aksion » est le deuxième single de ce disque à la pochette rouge sang qui restera, pour certains, le classique suprême de son auteur, illustre barjo passionné par le Funk et la fumette.


*Das EFX – They Want EFX :

Loin du Funk trituré de Redman et des boucles multisamplées d’Eric Sermon, le duo Das EFX, venu directement des rues crasseuses de Brooklyn, débarque en 1992 avec un boom bap rugueux teinté d’influences soulful. Pourtant, Skoob et Dre ne sont pas si éloignés que cela du producteur Sermon puisque c’est EPMD en personne qui repèrent dans un premier temps les deux MC’s à la fin des années 80. Dès la parution de l’album Dead Serious, le crew Das EFX rencontre un fort succès, bien aidé, il est vrai, par ce single mythique qui propulsera l’album jusqu’au disque de platine. Pas moins de trois morceaux du godfather James Brown se retrouvent dissimulés dans cet instrumental au groove imparable.


*Paris – Assata’s Song

Paris est certainement l’un des rappeurs les plus engagés de sa génération, il est en somme le petit frère de Public Enemy. Il fait partie de ces artistes afro-américains qui s’inscrivent dans la continuité historique et politique de la lutte pour les droits civiques.
Dans « Assata’s Song » (morceau issu de son second album le controversé Sleeping With The Enemy »), Paris fait taire les clichés qu’on colle à la peau du rap. Vous savez cette musique emplie de misogynie… Cette track est une déclaration d’amour aux femmes mais plus spécifiquement aux femmes noires, fortes d’une histoire singulière pleine de combat et de dignité.

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