Retour sur l'année 1991 en compagnie de Gangstarr, Cypress Hill et Scarface... entre autres.
Back In 1991 !
*Gangstarr - Just To Get A Rep (by Crazyhorus)
Groupe incontournable, Gangstarr c’est avant tout un son qui a contribué à forger l’identité de la scène rap new yorkaise. Issu de deux zones géographiques différentes (Houston pour DJ Premier et Boston pour Guru), le groupe s’est très vite acoquiné avec les sonorités jazz que l’on retrouve dès 1990 sur le délicieux single « Jazz Things ». Une étiquette hip hop-jazz qui leur collera à la peau et dont ils chercheront toujours à se démarquer comme avec ce titre « Just To Get A Rep » extrait de leur second opus Step In The Arena. Sur un sample minimaliste de Jean-Jacques Perrey (« E.V.A. »), la signature Gangstarr se précise peu à peu et les scratches de Primo prennent gentiment leur place. A noter la présence furtive du jeune Lil’ Dap (futur moitié de Group Home) dans ce beau clip noir et blanc.
*Cypress Hill - How I Could Just Kill A Man (by Crazyhorus)
1991, année historique pour le crew latino de Californie Cypress Hill. Leur premier album vient tout juste de paraître sur le label Columbia emmené par un single tonitruant et qui fera date, l’excellent « How I Could Just Kill A Man ». Véritable magma sonore, le morceau empile des couches de samples singuliers allant de Lowell Fulsom, en passant par The Music Machine pour déboucher sur un furieux riff d’Hendrix emprunté à son célèbre « Are You Experienced ? ». Avec de telles bases, Cypress Hill s’assure une cote de popularité qui dépasse la stricte scène rap. La preuve, le titre sera repris dix ans plus tard par Rage Against The Machine.
*Scarface - A Minute To Pray & A Second To Die (by Nico)
Collectif controversé, aux lyrics explicites, devant composer avec un Bushwick Bill suicidaire et alcoolique, les Geto Boys ont réussi à la fin des années 80-début des 90’s à imposer leur son crasseux, issu directement des « projects » de Houston en faisant un pied de nez au Gangsta Rap sévissant à l’époque sur la Côte Ouest. Plus constant et certainement plus viable psychologiquement parlant, Scarface s’émancipe de l’influence du groupe après « We Can’t Be Stopped », à la cover désormais classique mettant en évidence un Bushwick Bill mutilé sur un brancard dirigé par Willie D et Scarface, aux allures menaçantes. Sur « Mr Scarface Is Back », le MC de Houston reste fidèle à sa ligne de conduite en distillant des lyrics violents et torturés (« Born Killer », « Diary Of A Madman »), soutenus par des beats saturés à souhait aux fortes influences Soul. Sur « A Minute To Pray & A Second To Die », Brad Jordan fait étalage de ses talents de “storyteller” hors-pairs en mettant en exergue la vie dans le ghetto de la plus dérangeant des manières. Le début d’une longue et fructueuse carrière.
*Black Sheep – The Choice is yours (by Ju’)
Black Sheep fait partie de ces groupes éphémères du Hip-Hop et ils nourrissent en rétrospection beaucoup de regrets tant leur talent et leur originalité étaient indéniables. Finalement, on peut attribuer au tandem un classique qui résistera à l’usure du temps avec son A Wolf in Sheep’s Clothing.
« The Choice is yours » reflète l’une des couleurs reflétée par cette boule à facette que constitue cet album. Une sonorité singulière qui marque toute une génération mais aussi la notre plus récemment avec l’opulent Fatman Scoop qui en avait samplé quelques notes pour le tube interplanétaire « Be Faithful ». Mes amis, sachez une chose l’authenticité des bons morceaux durent quelques soient leurs formes…
*Tim Dog - Fuck Compton (by Nico)
En pleine période N.W.A et Ice-T, Tim Dog du South Bronx entame un brûlot sévère à l’encontre du Gangsta Rap, rappelant à qui veut l’entendre que la Côte Est n’a rien perdu de sa verve légendaire. Produit par Ced Gee des Ultra Magnetics MC’s, groupe auquel Tim Dog sera affilié officieusement, « Fuck Compton » est une diss-track fameuse, sélectionnée par « XXL Magazine » comme l’une des 25 meilleures de l’histoire, qui aura suscité de vives réactions de la part des MCs de la Côte Ouest, Dr. Dre, Eazy-E et le collectif Compton’s Most Wanted en tête. Si l’intitulé est largement explicite, le clip, l’attitude et le flow rugueux le sont tout autant, portés par des lyrics sans équivoque “Having that gang war, we wanna know what you fightin’ for. Fightin over colours ? All that gang shit is for dumb motherfuckers. But you go on thinking you’re hard, come to New York and we’ll see who gets robbed”.
Depuis, hormis deux projets avec Kool Keith, Tim Dog a quelque peu disparu du circuit, son premier effort «Pencillin On Wax», restant comme son travail le plus abouti à ce jour.



