Retour sur un article à l'effet d'annonce un peu trop gourmand
Anelka et Booba parlent de la France dans les Inrocks
Le concept est très alléchant « Quand Booba le rappeur croise Anelka le footballeur, ils parlent du pays« . Deux personnalités venants de deux domaines populaires différents (dans le bon sens du terme), deux personnalités qui ne vivent pas en France mais qui y sont indubitablement liées, semble être un bon départ pour impulser une réflexion intéressante et nouvelle.
Et en effet l’article peut paraître bien agencé, ludique même. Des jolies photos croisent l’entretien mais aussi un portrait pour chacun des deux personnages avec quelques affirmations sans détours, surprenantes de la part des journalistes « Nicolas Anelka ne plaît pas ici parce qu’il n’a jamais joué à l’intello républicain (Thuram) ou à l’immigré modeste (Zidane). ». Il y a même une colonne pour nous expliquer clairement le lien qu’il y a entre les deux personnages, et qui en profite pour nous donner des définitions (pas des plus heureuses) que l’on n’avait pas forcément demandées « [...] Leur habituel statut de « racailles » est une aberration. Les « racailles » sont en bas de la cité et dealent le bout de shit. Elles ferment leur gueule et se conforment au rôle que l’on a pensé pour eux. Anelka et Booba ne sont pas devenu star du rap ou du football en tenant les murs de la cité. »
Au sein de l’entretien Booba se transforme même en intervieweur en posant lui-même des questions à Anelka. La discussion a fonctionné me direz-vous. Pas si sur. On regrette dans l’ensemble, des questions parfois beaucoup trop anecdotiques, « Tu ne reviendras jamais en équipe de France, Nicolas ? », « Mais tu as quand même replongé à Chelsea, un grand club… » ou encore « Tu gagnais combien quand tu étais au PSG?« , pour des interviewés que l’on sent vouloir aller au bout des choses. C’est lors d’une question sur les concessions qu’auraient pu faire Anelka en équipe de France que Booba place « La France n’est pas une terre d’accueil » et parle de la notion de violence dans une lutte ou encore explique les motivations de son « Fuck la France ».
Beaucoup de questions tournent autour d’Anelka ce qui donne à l’ensemble des allures de blanchiment de réputation qui nuisent à l’éventuelle réflexion.
Malgré notre horizon d’attente un peu déçu, le dossier en lui-même peut valoir le détour surtout si vous êtes d’humeur à réfléchir sur l’éthique journalistique.




Deux cons, interviewés par des cons = un article à la con !