Récit d'un rappeur/rockeur vraiment déroutant
A quoi joue vraiment Disiz ?
Passé de Disiz La Peste à Sérigne M’Baye, puis de Peter Punk à Disiz tout court, pour finalement revenir sur son pseudo initial, le Franco-Sénégalais de la cité des Épinettes (91) n’a pas son pareil pour changer d’identité. Marqueur d’inconstance ou simple désir de se réinventer, celui qui “péta les plombs” un matin d’octobre 2000 n’a eu de cesse, en une décennie, de chambouler un public qui finit par ne plus savoir sur quel pied danser. Même s’il affirme que ce récent retour dans le rap est aussi “sincère” que l’était sa sortie au printemps 2009, on ne peut s’empêcher d’émettre quelques réserves quant à la stabilité du bonhomme. Trois ans après avoir dit “STOP !”, Peter Punk redevient Disiz, remonte sur le ring et laisse de côté le slim et les lunettes carrées. Histoire de montrer qu’en rap, le mec en a encore dans le caleçon. Vous avez dit Lucide ?
À l’instinct…
Il fallait bien crever l’abcès un jour ou l’autre. Prendre la plume, position, et affirmer une fois pour toute que La Peste n’est pas un modèle de régularité, ni de solidité. Souvent bousculé, en interview notamment, il n’est pas rare que l’oiseau soit revenu sur ses positions ou sur certaines déclarations malhabiles ou inappropriées à la situation (dur dur, ce passage devant Zemmour et Naulleau à la rentrée 2009).
Propulsé sur le devant de la scène lors des émeutes de 2005, Disiz s’est retrouvé, à une certaine période, garant et porte-parole du ghetto français comme le furent en d’autres temps Stomy Bugsy, Passi et Abd Al Malik (voir leurs nombreux passages sur le plateau de Tout Le Monde En Parle, alors présenté par Thierry Ardisson). Une cause qui l’a parfois desservi, comme le soulignait Ekoué lors d’un débat organisé par Tracks (Arte, 2006), sur fond de guerre des banlieues : “Les gens ont été outrés par tes propos. A aucun moment je ne t’ai entendu parler des causes profondes qui ont poussé ces jeunes à se donner à de tels agissements […] Est-ce qu’aujourd’hui tu as conscience que ton discours est largement récupéré et instrumentalisé ?”. Cette apparente complaisance qu’il affichait jadis sur les chaines du service public, Disiz semble maintenant vouloir la gommer, histoire de définitivement tourner la page sur une période pas forcément rêvée : “Parfois, j’ai eu une position ou une image assez lisse en télé parce que je me retenais de dire des choses. Maintenant, je ne me retiens plus de dire ce que j’ai envie de dire”, lâchait-il au micro de Réel Carter en juin 2010.
Et quant on l’interroge sur les raisons de ce revirement vers le rap alors qu’il avait certifié se retirer du milieu en 2009, il se justifie en affirmant avoir répondu à une irrépressible envie de kicker. Suivre son instinct sans se soucier du bien fondé, tel est, semble-t-il, ce à quoi aspire l’ancien membre des Rimeurs à Gages aujourd’hui. Mais derrière cette liberté revendiquée à outrance depuis son passage électro/punk, demeure une amère sensation : celle d’un artiste indécis, perdu, fragile, ne sachant trop que faire pour faire évoluer son art. Et pourtant, Disiz déçoit rarement, pour ne pas dire jamais… Son virage Peter Punkeux, bien que très périlleux, s’est révélé être d’excellente tenue, tout comme la tournée qui a suivi où le rappeur/chanteur s’est mué en solide ambianceur de foules.
Une histoire extraordinaire
Acteur d’une vie tumultueuse (Disiz The End nous l’explique en partie), l’auteur du Poisson Rouge traine une carrière de bâton de chaise depuis son commencement, alternant flops et succès depuis bientôt quinze ans. L’album Jeu De Société – pourtant son meilleur - reste d’ailleurs l’un des disques les plus incompris du rap français, dans la lignée de L’Amour Est Mort (Oxmo Puccino) et autres Quality Street (Doc Gynéco). A 34 ans, difficile de dire si le métisse qui s’affichait aux côtés de Ségolène Royal en 2007 a définitivement trouvé sa voie ou s’il la cherche encore.
Longtemps catalogué contre son gré de rappeur rigolo à l’humour potache et gentillet, Disiz nous revient en 2012 comme à son premier jour : basket, casquette, entouré d’une ribambelle de potes (dont les très hype 1995) et flanqué d’une poignée de kilos en plus. Comme un poisson (rouge) dans l’eau ! Entre temps, l’homme a chanté l’amour, la mort, l’humour, s’est déguisé en Bob Dylan (voir ci-contre) et a même couru après un crocodile en peluche. Et après toutes ces années, on ne l’a toujours pas identifié. Qui est-il ? A quoi joue-t-il ? Cherche-t-il a être ? A paraître ? Autant de questions qui restent en suspens, et auxquelles, finalement, on ne préfère peut-être pas connaître les réponses.





Très bon article ! Disiz nous surprends une fois de plus. Un public fidèle malgré quelques gens qui sont restés dubitatif devant Peter Punk , disiz est un des atouts du rap français. L’inspecteur is Back !
Peace !
alors je ne sais pas d’où tu tiens tes informations. mais ton article est une ébauche. et les questions que tu te posent sont complètements absurdes et inutiles. tout cet article pour sa ??? si disiz était mort, il se retournerait dans sa tombe. heureusement le plus grand rappeur français de tout les temps est bien vivant. et il nous fait vibrer avec des sonorités nouvelle sur chaque piste de son nouvel album EXTRA - LUCIDE
écoutez « prélude a la rebellion des coeurs ». et alors vous saurez
« porte-parole du ghetto français ». c’est une plaisenterie?
On me signale que Maître Capello se retourne dans sa tombe, lui.
quenelle de 175