Cap sur cinq films d'acteurs passés derrière la caméra
RDA#2 : Ces acteurs passés à la réalisation

Trajectoire épatante que celle de Ben Affleck. L’homme qui fut aussi bien la proie favorite de la presse à scandale pour sa romance avec Miss Lopez, que tête à claque en chef de South Park et des Razzie Awards, est en train de se gagner une légitimité par la grâce d’un passage à la réalisation impeccable. Il semble loin le temps des nanars en série où le vieux compère de Matt Damon était perçu comme l’endive préférée d’Hollywood. Après deux polars de bonne facture ayant pour cadre le Boston de son enfance (Gone Baby Gone et The Town), le sosie de Van Persie déploie ses ailes avec Argo, ambitieux thriller politique d’espionnage. Une trajectoire quasi identique à celle de Clooney, autre démocrate convaincu ayant fait ses preuves dans le fauteuil de réalisateur. L’occasion pour nous de faire un petit focus sur cinq acteurs ayant bluffé leur monde en passant derrière la caméra.
La Nuit du chasseur, de Charles Laughton (1955)
Monstre sacré du cinéma américain réputé pour ses rôles de freaks, Laughton réalise sans doute le plus grand one-shot de l’histoire du cinéma avec La Nuit du chasseur.
Le mythique capitaine Bligh des Révoltés du Bounty offre à Robert Mitchum la défroque inoubliable d’un pasteur plutôt porté sur l’infanticide que sur la prêche.
Conte terrifiant auscultant les démons de l’Americana, réflexion soufflante autour du pouvoir de la foi, noir et blanc splendide baignant dans l’impressionisme tout autant que bijou d’amoralité, le bébé de Laughton, c’est tout ça. Et bien plus encore.
Il était une fois le Bronx, de Robert De Niro (1993)
Et oui, un jour, Bob en a eu marre de revivre ses vertes années devant la caméra de Martin Scorsese ou Sergio Leone. En adaptant la pièce de théâtre autobiographique de Chazz Palminteri, autre gueule mythique des films de gangsters, De Niro en profite clairement pour porter à l’écran sa jeunesse de fils d’italien immigré dans le New-York des années 60.
Dédié à son père, Il était une fois le Bronx est logiquement une œuvre sur la transmission, le passage à l’âge adulte et les responsabilités qui vont avec. Un film sincère et touchant, qui prouve que De Niro aurait sans doute pu faire une grande carrière de metteur en scène, si il l’avait voulu.
Un monde parfait, de Clint Eastwood (1993)
Un cas d’école que ce bon vieux Clint. Une carrière d’action hero travaillée par une réflexion sur la loi du talion et l’autorité lui auront valu une bonne réputation de crypto-fasciste. Mouton noir des critiques de gauche, Dirty Harry va se racheter une conduite en se forgeant une filmographie de réalisateur inattaquable au cours des dernières décennies. L’un de ses chefs-d’œuvre, Un monde parfait, illustre à merveille les thématiques de Clint derrière la caméra. Merveille d’humanité qui tirerait des larmes à un mur, ce road-movie à la sensibilité à fleur de peau se révèle être une poignante condamnation de notre société où la violence est reine. On l’aura compris, Eastwood joue clairement avec son image et envoie dans les cordes les critiques qui voulaient sa peau vingt ans avant. Dommage qu’il délaisse parfois son art pour parler à des chaises.
Terrain miné, de Steven Seagal (1994)
Attention, chef-d’œuvre. Auréolé du carton de Piège en haute mer, l’interprète du légendaire cuistot commando Casey Ryback décide de passer à la réalisation pour son nouveau film, Terrain miné. Répliques à hurler de rire, héros over the top, mise en scène dyslexique et combats ridicules, tout y est pour assurer au film de Seagal l’aura d’un film culte. Cerise sur le gâteau, après une heure trente de cassages de bras et d’explosions en tout genre, Steven nous assène un plaidoyer final de dix minutes sur la paix, l’écologie et la protection de la banquise. Et oui, pour réaliser un grand film, être porteur d’un message, c’est mieux. Las, face à l’incompréhension du monde pour sa pépite, Steven se consolera dans la musique. Puis la bouffe.
Confessions d’un homme dangereux, de Georges Clooney (2002)
Aujourd’hui légitime et respecté dans son nouveau costume, le golden-boy d’Hollywood et chouchou de ses dames adepte du Nespresso, est pourtant loin d’avoir partie gagnée quand il se lance dans la réalisation en 2002. Il fallait au moins un film de la qualité de Confessions d’un homme dangereux pour remiser au placard la blouse de Doug Ross. Porté par un Sam Rockwell dément et bien aidé par le script incroyable de cet authentique génie qu’est Charlie Kaufman, Clooney réalise ici un véritable OVNI portant à l’écran l’autobiographie (fantasmée ?) de Chuck Barris, présentateur télé à succès et tueur pour la C.I.A. à ses heures perdues. Une pépite nihiliste au cynisme mordant quant au rêve américain. Dommage que Clooney choisisse maintenant la facilité en se consacrant à des films de propagande démocrate.
- Tranquillo Barnetta -





Quel joli petit article, qui en apprend des choses. Mais pourquoi n’avoir pas donner plus de référence, de titre plutôt des films réaliser par les acteur, Clint E. notamment. En tout cas votre site se lit très bien.
Ba le choix c’est de sélectionner 5 films en lien avec un sujet particulier. Faut faire des choix quoi, c’est clair que Clint a une liste longue comme le bras de très grands films à son actif.