En direct de la sortie de l'épisode 4 "Nigh Nurse"

New York Minute ou la bouleversante sobriété

11 novembre 2010 . Un commentaire
By Sipowitz, in Featured, Urban culture

Cela fait 4 semaines que nous suivons  New York Minute, le concept spatio-temporel des créateurs de Gasface.

On appuie surtout sur l’innovation du support d’expression, 6 épisodes d’environ 10 minutes de film diffusés par Arte et sur internet toutes les semaines.

D’accord l’idée est géniale mais aussi et surtout quel contenu ! Chaque épisode semble mixer le meilleur de toutes les formes filmiques existantes. On a le réalisme orienté des meilleurs documentaires, la richesse formelle de plans comme sortis d’une fiction, le concept et l’effet d’attente de la série et la créativité concentrée intelligemment dans le temps réduit du court-métrage.

Tout cela pour montrer quoi ? New York. Le thème est évocateur pour toute à¢me qui vive sur cette planète. Le meilleur moyen pour éviter la caricature c’est de faire le choix de raconter des fragments oubliant toute exhaustivité ou vue d’ensemble. La globalité est seulement formée par l’accumulation des détails que représentent ces quelques récits. On voit New York en tant que lieu en constante toile de fond. Une distance est créée avec le spectateur qui est étranger à  la ville, on lui donne les noms des rues, avenues, boulevards pour lui donner des repères. Il est incompatible avec des personnages qui eux la connaissent de l’intérieur. Ils se réfugient dans les entrailles de la ville la plus ouverte sur l’extérieur du monde. Cette vision de New York comme foyer plutôt qu’interface est passionnante.

Nous est offert également de (grands) petits plaisirs beaucoup plus insignifiants, comme une centaine d’authentiques « You know what I mean » ou « You know what I’m saying » en l’espace de 10 minutes. Et oui, on voit ce que vous voulez dire.

Aujourd’hui c’est l’épisode 4 qui est sorti, Night Nurse. C’est la pudeur qui reste le plus frappant dans cet épisode. G Dep porte-parole rapologique de New York « ayant passé un pacte avec le diable Puff-Daddy » raconte son ascenseur émotionnel. L’expression New York minute prend tout son sens. Tout est plus rapide et brutal que nulle part ailleurs. L’expérience est racontée avec une retenue à  couper le souffle. G Dep s’exprime sereinement sans un mot au dessus de l’autre. L’émotion ne transparait que dans un gros plan de seulement quelques secondes avec une larme à  peine visible à  la première vision. On évoque tout, mais on ne montre rien. La BO Bitches Brew de Miles Davis un morceau non mélodique, écarte toute possibilité de sentimentalité. Une vision encore une fois humaine, qui rend le film tout simplement riche et intéressant.

New York Minute 104 – Nigh Nurse
Un Commentaire
  1. BK's Finest le 11 novembre 2010 à 23 h 28 min

    Rien a rajouter…..