OOOOOH clique !

Kaaris, parachutiste sur le toit du rap français

6 mars 2013 . 11 commentaires
By Arnaud, in Lifestyle

« K-double-A, fuck le triple-A », « 2-7-Z.E.RO » chez K-2-A-R-I-S tout est histoire d’initiales et d’abréviations, alors on a relevé le défi de présenter le personnage tout en se servant de son blase comme d’un acronyme, la faute de Raymond Queneau et ses histoires de « achélème ».


Khâgne

« Selon le CNRS, l’univers est en expansion comme ma bite »

Parachuté sur le devant de la scène rap à l’heure où les clash concentrent l’attention des médias, le gros barbu nous transporte dans un univers mêlé de couplets effrayants et de refrains entraînants. Magicien de la plume, celui qui se surnomme « Houdini » arrive à  faire passer des messages plutôt censés et intellectuels tout en vous parlant de son organe pénien. Ainsi, Kaaris se sert de la théorie de l’Expansion de l’Univers pour vous expliquer que ses organes génitaux sont en accroissement constant. Savant fou à ses heures perdues, Kaaris transforme dix grammes de coke en cent grammes de crack avec autant de facilité qu’il aligne les punchlines visuelles et puissantes, une aisance qui lui vaudra quelques fortuites comparaisons avec l’ourson.

Angoisse
« Chemin de croix, mon skeud rentre chez toi comme le cheval de Troie, objet de l’effroi mes proies je les broie »
Ce qui interpelle chez Kaaris, c’est l’angoisse qui émane du personnage. Barbe grainée et des jambes à la place des bras, il évolue dans un univers sombre comme un roman de Stephen King, son style nous ramenant sans cesse à des phrasés violents et funèbres. Peut-être un des symptômes du syndrome Gilles de la Tourette. Lui qui admet sans vergogne que les rappeurs du Brick Squad sont en pôle position dans son mange-disque nous propose une musique qu’il définit lui-même comme « de la trap », l’originale, pas celle issue la nouvelle vague que l’on retrouve en club non, celle qui nous vient du sud sale des États-Unis et qui nous ramène à la dure condition de certains hommes.

Abidjan
« Mon cœur est sombre comme un soleil froid, l’Afrique c’est un milliard de Jésus sur des croix »

Parti pour retourner vivre au bled, Kaaris se rend en Côte d’Ivoire aux alentours des années 2002-2003, il pose un pied à terre juste avant que les problèmes ne commencent. Un conflit politico-militaire opposant l’État aux forces rebelles et qui se manifeste à Abidjan, capital économique où siège le gouvernement. N’ayant pas l’intention de prendre part au rap politisé, Kaaris s’inspire de cette expérience sous la forme qu’il l’a vécue : de la violence à l’état pur. Le street-album 43ème BIMa fait son apparition, ce dernier reprend le nom du camp des forces françaises disposées sur place. « Quand je suis rentré dans le camp la guerre avait disparu, les gens bronzaient, il y avait des piscines, des petites filles qui faisaient du vélo. Je suis resté là-bas une dizaine de jours, et la différence avec ce que les Ivoiriens vivaient… C’était chaud. »

Reptilien
« J’ai aucune peine j’te nique ta race, dans les veines j’n'ai que de la glace »

Les références aux reptiles sont nombreuses dans la discographie de Kaaris, des témoignages de l’inspiration qu’il puise de ces bestioles au sang glacé comme en témoigne le refrain du morceau « Cayman ». Anciennement surnommé Fresh, il change pour le mélange de « charisme » et de Kaa, l’immense python du Livre de la Jungle capable d’hypnotiser quiconque le regardant dans les yeux. Essayez donc de faire une baston de regard avec Kaaris et vous comprendrez. Âgé de trente ans et ayant multiplié les collaborations avec de nombreux artistes du rap français depuis plus de dix ans, il connait bien le circuit et a déjà signé plusieurs morceaux sur les projets Niroshima, ou encore avec Cut Killer ou le collectif Funky Maestro. Des connexions qui laissent planer le doute quant à une éventuelle implication neo-cannabinoïdo-illuminati.

Industrie
« Entre le biz’ et les MC c’est buco-génital, donc on achète des munitions au format familial »

Revendiquant l’indépendance artistique depuis l’aube du troisième millénaire, Kaaris enchaîne compilations, freestyles et petites scènes et se produit notamment au Zénith à l’occasion du premier Festival de Breakdance en 2001. En 2004 à son retour de Côte d’Ivoire, il s’associe avec French Cut Music sans relâcher la charge de travail pour ainsi sortir en 2007 son projet 43ème BIMa inspiré de son séjour en Côte d’Ivoire. En 2012 il lance Z.E.R.O, un album puissant qui pose les bases d’un Kaaris 2.0 et d’une nouvelle vision du rap jeu. Il sert également de casse-croûte depuis la révélation de l’artiste au grand public suite à ses apparitions sur Autopsie vol.4 et Futur. Depuis, le MC a fondé Therapy Music avec les producteurs 2093 & 2031 et a récemment rejoint Niro, Kery James, Booba et Lino pour délivrer ses punchlines sous l’assistance du label AZ. « Tu peux pas freiner un avion qu’a déjà décollé. »

Sevran
« 93, à l’aise, 2.7.0 t’as l’adresse, on fait flipper l’état comme la mafia calabraise »

Aussi connue comme la pharmacie, la ville de Sevran se trimballe la réputation d’être une des plaque-tournantes du traffic en tous genres, notamment de cannabis et ce depuis une dizaine d’années. À tel point que le maire s’est attelé à l’écriture d’un livre dans lequel il déclare vouloir sortir de la prohibition pour enfin en « finir avec les dealers » en leur coupant l’herbe sous le pied, pun intended. C’est dans cette ambiance que se construit le personnage de Kaaris, lui qui confessait en interview « les gens connaissent Sevran que parce que c’est un ghetto, ils savent pas qu’il y a beaucoup de rappeurs qui frappent ». En featuring avec Sazamyzy sur « Parloir Sauvage », Despo Rutti sur « Vendeur de Nah Nah », ou encore Mac Kregor sur « Au bout de la nuit », Kaaris pose ainsi l’étendard de Sevran sur la carte du rap français comme avait pu le faire le Tandem du « 93 hardcore » il y a déjà huit ans.

• Vice, Faire briller l’or noir du 9.3 jusqu’au Qatar
• K-myta, Focus sur Kaaris
• Booska-p, Interview Z.E.RO

Arnaud Sommie
@somesta

11 Commentaires
  1. al dinio le 7 mars 2013 à 16 h 13 min

    Très bon résumé !!
    CHAPEAU

  2. RapLife le 7 mars 2013 à 16 h 16 min

    Certe il est bon mais il à encore TOUT à prouvé…en attendant son album
    Despo Rutti, Kennedy, Max Tyer, Nessbeal,Dosseh ont tous été suréestimer à mon gout la suite de l’histoire tout l’monde la connais…

  3. Masta Z du 77 le 7 mars 2013 à 18 h 50 min

    Ca vas faire clichés mais si je dois résumé chaque lettre de l’artiste:
    Kalash (son joujou préférer)
    Animal (beaucoup de référence animalier)
    Argent (comme tout hommes qui se respecte)
    Rue (comme tout rappeur qui se respecte)
    Illicite (j’compte plus les shit, beuh, cess…dans ses textes)
    Sexe (beaucoup de connotation sexuelle)

    Sinon bon artiste

  4. swagonline le 7 mars 2013 à 19 h 06 min

    Kaaris c’est un psychopathe dans ses lyric mdr, mai on as pas à s’inqueter pour sa carrière, avec booba derrière, il vas percer dans le rap français. Moi j’attends son album avec impatience.

  5. malainplaisir le 7 mars 2013 à 20 h 27 min

    @swagonline : Booba c’est pas un magicien
    c’est a Kaaris à faire le plus gros taff et à son équipe de faire le reste c’est à dire bien gérer la carrière de l’artiste.

  6. sabatier le 8 mars 2013 à 14 h 35 min

    c est l artiste le plus enervé de cette generation barbe a papa il va tous raffler souvenez vous en!! ca va etre l eclipse 2013 du rap francais,
    on attendait que sa!!!!

  7. MissStreety le 8 mars 2013 à 15 h 21 min

    Kaaris c’est comme le rap c’était mieux avant :)
    Serte il à gagné en popularité mais en originalité c’est « 0″ pointé !
    Il est à la limite du plagiat avec son morceaux « zoo »

    http://www.youtube.com/watch?v=TDh0FcJ1atA

    Lil Reese qui à presque 15 piges de moins que lui peut pas l’inspiré à ce point !!!!!

  8. mordacs fils le 10 mars 2013 à 3 h 33 min

    Mac tyer, Nessbeal et Despo surestimer… Pas tout ça quand même

  9. RapLife le 10 mars 2013 à 16 h 24 min

    @mordacs fils

    J’enlève DOSSEH parce que c’est le seul qui n’a pas encore sortie d’album solo mais KENNEDY, MAC TYER, NESSBEAL, DESPO on crée un grosse attente du public mais au final

    1er album kennedy : lyrics simpliste, rimes en dessous de la moyenne (plus rien avoir avec flashback 1 ect…)e

    1er album mac tyer : trop de son dirty, « d’innovation » (plus rien a voir avec 93hardcor et le style tandem)

    1er album nessbeal : rien de spécial (il n’y a plus la touche B2O derrière, le flow est devenu plus lent , les beats parfois mal choisie)

    1er album despo rutti : trop répétitif (trop sombre aucun hit…on est loin de la turie « 3milliars de dollars » ou des morceaux variés comme dans les sirènes du charbon)

    D’après moi Dosseh ne feras pas mieux ni même Kaaris aussi bon qu’il puisse être Booba à encore de beau jours devant lui je pense !

  10. La Saumure 94 le 29 mars 2013 à 11 h 55 min

    Vous n’avez donc pas compris que l’une des raisons de la réussite de Booba était qu’il a su gérer son image durant toutes ses années ? Il a des attachés de presse, des conseillers en communication etc, ce qui fait qu’il n’apparaît que dans des ITW un minimum « huppé » et ne donne de concerts ghettos. Il a mis tout de côté pour le rap.

    Peut-on en dire autant pour les autres rappeurs ? Ne confondez pas businessman et rappeur. Mac Tyer vit toujours dans son quartier, Nessbeal n’a quasi pas donné de concerts à chaque sortie d’album.

    Pourquoi Kaaris va réussir ? En dehors du fait qu’il rappe bien (Ecoutez « Vendeur de Nah Nah, Coeur d’Acier »), Booba lui apprend les règles du business. Pas d’ITW ghetto, pas d’apparitions d’intempestives inutiles, et vous remarquerez que, comme Booba, Kaaris a développé autour de lui un personnage (même si je pense que ce qu’il dit dans ses textes est authentique): le blackos bien musclé avec la grosse barbe qui te nique ta race.

    Bref, méditez. Autours d’eux, il y a plein de monde qui gèrent leur carrière. Ne confondez pas les rappeurs tout pétés comme Al K Pote et des têtes d’affiches bien entourées comme Rohff, Booba, Diam’s avant etc qui eux sont dans le business.

  11. 207vs92i le 14 avril 2013 à 21 h 13 min

    Mais le probleme de Kaaris c’est le jour ou Booba va se séparer de lui il risque de perdre beaucoup en popularité ect…il aurais du se faire tout seul jusqu’au bout je pense. Prendre son coup de main et continuer seul comme Niro ou autre pas d’affiliation c’est à double tranchant. Regarder Young Buck et 50cent !!! Ou il est malain sort son album prend ce qui y’a à prendre et se casse comme The Game.Si Booba décide comme à son habtiude de crée une histoire pour se séparer de Kaaris avant la sortie de son album il part doublement perdant !